Baisse historique de l’aide publique au développement en 2025
Publié le 09/04/2026.
L’OCDE a publié, le 9 avril 2026, les données préliminaires des montants alloués par les pays donateurs à l’aide publique au développement (APD) en 2025.
Pour la deuxième année consécutive, les 33 membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE ont procédé en 2025 à un renoncement historique.
L’APD émise par les membres du CAD s’est élevée à 174,3 milliards de dollars en 2025, une baisse de 23,1 % par rapport à 2024 (-50 milliards de dollars en termes réels), pour s’établir à 0,26 % de leur richesse. Il s’agit de la plus forte baisse jamais enregistrée.
En particulier, 26 pays donateurs ont diminué leur budget alloué à la coopération internationale et ce, en dépit des besoins croissants à l’échelle internationale. A eux seuls, les cinq plus grands bailleurs du CAD sont responsables de 96 % de cette diminution : les États-Unis (-57 %), l’Allemagne (-17 %), la France (-11 %), le Royaume-Uni (-11 %) et le Japon (-6 %).
Cette tendance devrait continuer en 2026, l’OCDE anticipant une baisse de 5,8 % cette année.
Décryptage.
En 2025, l’APD enregistre la plus forte diminution de son histoire
Après un premier recul en 2024 (-6 % par rapport au pic de 2023), l’APD des pays donateurs du CAD a poursuivi sa chute en 2025, s’établissant à 174,3 milliards de dollars, soit une baisse de 23,1 % en termes réels par rapport à 2024. En conséquence du désengagement historique des États-Unis, l’Allemagne devient le premier donateur (29,1 milliards de dollars), suivie des États-Unis (29 milliards), du Royaume-Uni (17,2 milliards), du Japon (16,2 milliards) et de la France (14,5 milliards).
La baisse de l’APD en 2025 est généralisée à tous les types de financements. L’APD bilatérale enregistre la plus forte diminution (-26,4 %), en particulier les dons bilatéraux (-29,1 %). L’APD multilatérale recule pour la seconde année consécutive (-12,6 %), en particulier les contributions de base aux Nations unies (- 27%).
L’aide humanitaire diminue de 35,8 %, tandis que l’APD bilatérale consacrée à aux programmes, projets et coopération technique pour le développement chute de 26,3 %. Les coûts d’accueil des réfugiés dans les pays donateurs, qui peuvent être comptabilisés en APD la première année d’accueil, reculent de 22,1 %, mais représentent toutefois 13,2 % de l’APD totale.
Cette somme équivaut à 0,26 % du revenu national brut (RNB) combiné des pays du CAD, contre 0,34 % en 2024 et 0,37 % en 2023. Seuls quatre pays ont atteint l’objectif d’allouer 0,7 % de leur RNB à l’APD, pourtant adopté par les pays industrialisés en 1970 aux Nations unies : la Norvège, le Luxembourg, la Suède et le Danemark.
En 2025, l’aide publique au développement mondiale est revenue à son niveau de 2015, année de l’adoption des Objectifs de développement durable.
Pour la deuxième année consécutive, les pays les moins avancés et les pays d’Afrique subsaharienne font les frais de ce renoncement, et enregistrent une baisse de 25,8 % et 26,3 %, respectivement. Si 23 pays ont augmenté leur soutien à l’Ukraine, ils n’ont su compenser le retrait des États-Unis (- 91 %), et l’APD bilatérale en faveur de l’Ukraine chute de 38,2 %, pour atteindre 10,3 milliards de dollars.
La France demeure largement en retard sur sa propre trajectoire
L’APD de la France a atteint 14,5 milliards de dollars en 2025 (12,9 milliards d’euros), en baisse de 10,9 % par rapport à 2024 (-1,7 milliard de dollars en termes réels). Elle demeure ainsi à la 5ème place du classement des pays donateurs en volume, mais s’éloigne de la 4ème place. Ce recul est principalement dû à une baisse de ses contributions multilatérales.
Ce montant représente 0,42 % de son RNB, en contradiction avec la trajectoire pourtant inscrite dans la loi 2021 de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales. Celle-ci envisageait en effet l’atteinte symbolique de 0,7 % du RNB de la France dédiés à l’APD en 2025. La France est le 11ème pays bailleur en proportion de sa richesse.
La trajectoire de l’APD française ne devrait pourtant pas repartir à la hausse en 2026 : la loi de finances prévoit ainsi une coupe de 803 millions d’euros de la mission budgétaire aide publique au développement en 2026, la cinquième coupe en deux ans.
RÉACTIONS DES ONG
ONE : Réaction de ONE aux données préliminaires de l’OCDE sur l’APD en 2025





