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Covid-19 : les Françaises en faveur d’un accès équitable aux vaccins dans le monde

Publié le 22 octobre 2021 dans Sondages

Pour les Français·es, il faut vacciner en priorité les populations vulnérables de tous les pays en même temps

En partenariat avec l’University College London (UCL) et l’Université de Birmingham, Focus 2030 mène un programme de recherche-action destiné à analyser les perceptions, attitudes, comportements et ressentis des citoyens sur les enjeux de solidarité internationale dans quatre pays : France, Allemagne, États-Unis et Royaume-Uni.

Intitulé Development Engagement Lab (DEL), ce projet vise à alimenter en données chiffrées les acteurs du développement (ONG, fondations, think tanks, ministères, institutions publiques, organisations internationales) afin de leur permettre de mieux saisir les attentes citoyennes pour mettre en œuvre leurs activités de communication, de mobilisation et de plaidoyer. C’est dans ce cadre qu’en août 2021, les équipes du projet DEL ont réalisé un sondage d’opinion sur les enjeux de diffusion et d’accès aux vaccins anti-Covid-19, dont est extraite l’analyse qui suit.



Interrogés entre le 5 et le 10 août 2021, soit plus 18 mois après le début de la pandémie de Covid-19 et à l’heure où la France est entrée dans une phase de vaccination de masse, parmi les 2 001 personnes interrogées, 51 % des Français estiment que, dans le contexte d’une pénurie de vaccins, la priorité devrait être de protéger équitablement toutes les populations vulnérables et tous les personnels de santé de tous les pays en même temps.

À l’heure où ces questions ont été posées, les campagnes de vaccination étaient certes bien lancées en France et dans les pays les plus riches, pouvant susciter de l’optimisme quant à une sortie de crise, mais dans les pays à revenus faible et intermédiaire, moins de 2 % de la population avait été vaccinée.

En majorité, les Français estiment que les règles de priorité qui ont prévalu en France devraient, en réalité, être appliquées à l’échelle du monde. Avec en corolaire à cette conception, l’acceptation du risque qu’à vouloir protéger d’abord les personnes vulnérables (et le personnel de santé) de tous les pays, on retarde, de fait, la vaccination des biens portants en France.

Cette opinion est majoritaire chez les Français, tout en étant surreprésentée chez les sympathisants de gauche (+ 14 points) et sous-représentée chez les sympathisants de droite (-7 points).

Selon les réponses obtenues à cette question, les Français soulignent leur refus de toute idée de privilège en matière d’accès à la vaccination contre la pandémie de Covid-19 :

  • Ni privilège économique lié à la capacité de certains pays d’acheter les vaccins (8 %)
  • Ni privilège scientifique de certains pays lié au fait d’avoir découvert les vaccins (2 %)

De façon attendue, ce refus des privilèges en matière vaccinale est d’autant plus défendu par ceux qui déclarent se sentir plus solidaires à l’égard des populations vivant dans d’autres pays depuis la pandémie (+ 17 points). En revanche, l’impression de comprendre «  ce que c’est de vivre dans un pays en développement   » ou le fait d’avoir déjà voyagé dans un pays africain ne modifie pas particulièrement la distribution des réponses. Autrement dit, indépendamment de ce que les répondants savent ou pensent savoir, il y a dans ces réponses l’affirmation relativement partagée d’une adhésion à un principe d’égalité.


Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre du projet Development Engagement Lab. Information et méthodologie disponible ici.

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