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    Baromètre de la Solidarité Internationale n°2

    Publié le 27/10/2018, modifié le 19/12/2025.

    La deuxième édition du Baromètre de la solidarité internationale offre un éclairage inédit sur le niveau de connaissance des Français sur les inégalités Nord-Sud.

    Nous avons souhaité mesurer ce que, en matière de développement et de lutte contre la pauvreté dans le monde, les Français éprouvent, ce qu’ils font ou ne font pas, ce qu’ils savent ou ignorent, ce qu’ils attendent de leurs gouvernants.

    On retiendra que tout se passe comme si les attitudes en matière de solidarité internationale s’organisaient autour d’un clivage opposant les citoyens partisans d’un repli national ou régional, et ceux qui démontrent un souhait d’ouverture sur le monde.

    Le Baromètre de la solidarité internationale est issu du projet Aid Attitudes Tracker, un sondage en ligne réalisé deux fois par an en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et aux Etats-Unis par l’institut YouGov et financé par la Fondation Bill & Melinda Gates depuis 2013. Cette recherche comparative est menée par Jennifer van Heerde-Hudson (UCL) et David Hudson (Université de Birmingham).

    Les Objectifs de développement durable majoritairement méconnus

    Les Français souffrent d’un déficit de connaissances à l’égard des enjeux de développement ou des Objectifs de développement durable. Seuls 20% des Français déclarent « connaître très bien » les Objectifs de développement durable, et 39% déclarent les connaître « un peu » tandis que 40% des répondants déclarent n’en connaître que le nom ou ne rien connaître du tout.

    Cette ignorance est à géométrie variable. 73% des Français se déclarant « très préoccupés » par la pauvreté dans les pays en développement connaissent parallèlement « très bien » ou « un peu » les Objectifs de développement durable. De même, entre les non-lecteurs de presse écrite et les lecteurs assidus, le degré de connaissance des Objectifs de développement durable est presque triplé.

    La pauvreté dans le monde : une préoccupation à géométrie variable

    44% des Français se déclarent préoccupés par la pauvreté dans le monde contre 17% qui n’hésitent pas à affirmer s’en désintéresser. Cette préoccupation s’articule avec le souhait que le gouvernement s’implique davantage en faveur des pays en développement.

    Tout se passe comme si le ressenti à l’égard de la pauvreté dans le monde était étroitement connecté à la perception de la souveraineté nationale tantôt fermée sur l’hexagonale, tantôt ouvertes à l’échelle de l’Europe. 58% des partisans de l’adhésion à l’Union Européenne se déclarent préoccupés par le sort des populations du Sud, contre 30% de ceux qui en désapprouvent l’adhésion.

    Quand 59% des sympathisants de gauche déclarent être préoccupés par la pauvreté dans le monde, contre 31% des sympathisants de droite. Les électeurs d’Emmanuel Macron se situent à mi-chemin entre ces deux tendances.

    Existe-t-il un devoir individuel de générosité citoyenne ?

    42% des répondants n’estiment pas devoir donner personnellement de l’argent pour contribuer à réduire la pauvreté dans le monde, tandis que 20% reconnaissent l’existence d’un devoir de générosité individuelle. La reconnaissance de ce devoir décroît progressivement avec l’âge, alors qu’il progresse à mesure que les revenus personnels augmentent.

    Si 28% des sympathisants de gauche ne sont pas d’accord avec un « devoir donner » individuel à destination des pays pauvres, ce refus est quasiment doublé (56%) chez les sympathisants de droite.

    Le pouvoir de l’engagement et l’influence du sentiment européen

    Le devoir de solidarité individuelle à destination des pays en voie de développement est cinq fois mieux reconnu par les citoyens déjà engagés ou très engagés sur les questions de solidarité internationale (39%) que par les citoyens totalement désengagés (7%).

    Opposant un « monde clos » à un « monde ouvert », l’adhésion au principe d’égalité des chances dans la vie est fortement corrélée aux opinions en faveur de l’appartenance de la France à l’Union Européenne. 68% des Français favorables à l’adhésion de la France à l’Union Européenne considèrent que chacun devrait être traité sur un pied d’égalité et avoir les mêmes chances dans la vie, contre 46% chez les « souverainistes ».

    L’égalité des chances dans la vie ?

    80% des Français estiment que tout le monde doit être traité sur un pied d’égalité, c’est à dire que chacun doit avoir les mêmes chances dans la vie. Cet argument lié à une valeur (l’égalité) s’avère être un ressort d’adhésion chez les français. On observe des taux comparables en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats- Unis.

    Lors de l’élection présidentielle de 2017, ce sont les électeurs de Benoit Hamon (PS) qui déclarent le plus d’affinités (84%) avec le principe d’égalité des chances, suivis par les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (75%). Sur cette question, les électeurs d’En Marche (65%) sont plus proches des électeurs de gauche que des électeurs de François Fillon (35%) ou de Marine Le Pen (44%).

    Pauvreté d’ici vs. pauvreté de là-bas

    Les Français sont équitablement partagés entre la volonté ou non, d’opérer une différence entre les pauvres d’ici et les pauvres de là-bas.

    L’orientation politique apparaît comme un facteur déterminant pour mettre en lumière une « préférence nationale » dans le choix des bénéficiaires d’une aide à destination des personnes en situation de pauvreté. La répartition géographique des opinions sur cette question fait écho à la répartition des votes à l’élection présidentielle d’avril 2017, entre les régions qui plébiscitent ou non le Front national, dont le programme met en évidence la « préférence nationale ».

    Pour aller plus loin
  • Baromètre de la Solidarité Internationale n°2
  • International Development Barometer No 2
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