Résumé du rapport des Nations Unies sur les Objectifs de développement durable 2025
Publié le 12/09/2025.
Dix ans après l’adoption des 17 ODD par les 193 États membres de l’ONU, l’édition 2025 du Rapport sur les Objectifs de développement durable (ODD) dresse un constat : seuls 35 % des cibles sont en bonne voie ou progressent à un rythme modéré.
À cinq ans de l’échéance de 2030, les progrès restent insuffisants pour atteindre l’ensemble des objectifs.
Dans un contexte marqué par des crises multiples (climatiques, sociales et économiques), par une montée des inégalités et par des tensions sur le multilatéralisme, les trajectoires actuelles apparaissent fragiles.
Résumé.
État des lieux des ODD à cinq ans de la date butoir : où en sont les progrès ?
Les 17 Objectifs de développement durable se déclinent en 169 cibles qui détaillent l’ambition de chaque objectif. Sur les 139 cibles pour lesquelles des données sont disponibles : le monde est en bonne voie ou fait des progrès modérés sur 35 % des 139 cibles des Objectifs de développement durable, près de la moitié d’entre eux présentent une progression trop lente, et un pourcentage significatif de 18 % sont en recul par rapport à la base de référence de 2015.
Les dynamiques varient fortement selon les objectifs. Certaines avancées sont observées, notamment en matière d’accès à l’électricité, de connectivité numérique, d’accès à l’éducation et de mortalité maternelle. À l’inverse, plusieurs indicateurs clés sont en recul, en particulier sur la sécurité alimentaire, la pauvreté extrême ou encore certaines dimensions de l’égalité femmes-hommes.

Données et statistiques : un avenir incertain
Le rapport souligne le rôle central du financement de la collecte de données pour le suivi des Objectifs de développement durable.
Selon le rapport 2024 de PARIS21, le soutien financier international dédié aux données dans les pays à revenu faible et intermédiaire a augmenté de 50 % entre 2015 et 2022, passant de 586 à 875 millions de dollars US.
Cette progression repose en partie sur des financements de fondations privées, d’organisations multilatérales et de pays non-membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, tandis que les contributions des membres du CAD sont restées stables. Toutefois, cette dynamique positive est aujourd’hui menacée par la baisse générale de l’aide publique au développement (APD) entre 2023 et 2025.
Déjà fragile, cette architecture repose sur un nombre limité de bailleurs : en 2022, neuf d’entre eux ont fourni 70 % du soutien total, dont la Banque mondiale (26 %), les États-Unis (14 %) et la Banque interaméricaine de développement (10 %). L’arrêt des financements américains et la fermeture de l’USAID, en février 2025, ont déjà mis un coup d’arrêt aux Enquêtes démographiques et de santé (Demographic and Health Surveys ou DHS en anglais).
Ces données contribuent au suivi de 39 indicateurs des ODD depuis 2015. L’ODD 3 (santé et bien-être) est le plus affecté, suivi des ODD 5 (égalité des sexes) et 2 (faim « zéro »). Certains indicateurs dépendent fortement des DHS : depuis 2015, 70 % des données sur l’utilisation des contraceptifs et les violences sexuelles proviennent de ces enquêtes, tout comme plus de la moitié des données sur les mutilations génitales féminines, les conditions de logement en bidonville et l’accès aux services de base. Cette interruption touche particulièrement les pays d’Afrique subsaharienne et les pays les moins avancés, qui dépendent fortement de ces dispositifs.
Au-delà des enjeux techniques, la fragilisation des données limite la capacité des États et des organisations internationales à orienter les politiques publiques et à suivre les engagements liés à l’Agenda 2030.
Financements, coopération internationale et priorités d’action
Le rapport met en évidence un écart entre les besoins de financement et les ressources mobilisées. Selon les Nations unies, les pays en développement font face à un déficit annuel de 4 000 milliards de dollars US pour financer les transitions nécessaires. Le ralentissement des progrès s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs : conflits, effets du changement climatique, inégalités croissantes et contraintes financières.
Dans un contexte de contraction de l’aide publique au développement et de contraintes budgétaires accrues, la mobilisation de financements publics et privés à grande échelle constitue un levier déterminant pour les cinq prochaines années.
Le rapport identifie six domaines clés pour accélérer les progrès :
- les systèmes alimentaires,
- l’accès à l’énergie durable,
- la connectivité numérique,
- la réforme de l’éducation,
- l’emploi et la protection sociale,
- ainsi que l’action pour le climat et la biodiversité.
Il met également en lumière l’importance de renforcer la coopération internationale, de mobiliser des financements adéquats et de disposer de données fiables pour guider les décisions. Les cinq prochaines années constituent une fenêtre décisive. Elles détermineront non seulement le niveau d’atteinte des Objectifs de développement durable, mais aussi la capacité du cadre multilatéral à répondre à des défis globaux de plus en plus interdépendants.






