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    Présidence française du G7 : quelle ambition en faveur de la lutte contre les inégalités mondiales et du développement ?

    En 2026, la France assure la présidence du G7, dont le Sommet des chef·fe·s d’Etat est prévu à Évian du 15 au 17 juin 2026. Cette séquence s’inscrit en parallèle de la présidence américaine du G20, dont le Sommet se tiendra les 14 et 15 décembre 2026 à Miami. Elle intervient dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques durables, des déséquilibres macroéconomiques persistants et une augmentation documentée des besoins de financement pour le développement durable et la lutte contre le changement climatique. Dans ce cadre, la capacité des enceintes de gouvernance économique internationale à produire des orientations communes opérationnelles constitue un enjeu central.

    La présidence française du G7 ouvre ainsi une séquence de discussions sur la coordination des politiques publiques, la mobilisation des financements internationaux et la place des biens publics mondiaux. Elle pose également la question du rôle des formats restreints comme le G7 dans un système international plus fragmenté que jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, face à des défis qui dépassent largement le périmètre de ses membres. À l’approche de cette échéance, Focus 2030 se mobilise pour contribuer au débat public, nourrir les réflexions et renforcer le dialogue entre pouvoirs publics, institutions internationales et acteurs de la société civile, en s’appuyant sur des analyses factuelles et des données.

    Qu’est-ce que le G7 aujourd’hui ?

    Créé en 1975, le G7 rassemble à l’origine les principales économies avancées afin de coordonner leurs réponses aux crises économiques mondiales. Il réunit aujourd’hui : l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni, ainsi que l’Union européenne.

    Le poids du G7 aujourd’hui dans le monde :

    Le G7 n’est ni une organisation internationale ni un forum décisionnel formel. Il demeure toutefois un espace informel d’influence politique, capable d’orienter les priorités économiques, financières et de développement à l’échelle mondiale.

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    Les priorités de la Présidence française du G7 en 2026 : les déséquilibres mondiaux en question

    Le Sommet des chefs d’État et de gouvernement du G7 se tiendra en juin 2026 à Évian (15-17 juin), en présence des pays membres du G7 ainsi que de plusieurs grands pays émergents invités. À ce stade, la participation du Kenya, de l’Inde, du Brésil, de l’Egypte et de la Corée du Sud est confirmée, d’autres puissances émergentes pourraient également être associées aux travaux.

    Face à un contexte politique polarisé, la Présidence française a opté pour une stratégie axée sur les constats (« diagnostics partagés ») plutôt que sur la recherche immédiate de solutions contraignantes qui pourraient bloquer les négociations. L’objectif est de maintenir le dialogue avec l’ensemble des partenaires, notamment les États-Unis, en identifiant des points de convergence (comme l’efficacité de l’aide et la mobilisation du secteur privé) tout en acceptant des compromis sur des sujets plus clivants.

    Le G7 sous Présidence française s’organisera notamment autour de 7 « tracks » (filières de négociation) : Finances, Développement, Affaires étrangères (crises), Commerce, Numérique, Intérieur, et Environnement/Énergie. L’intelligence artificielle (IA) et la santé mondiale ont été également identifiées comme sous-thèmes majeurs.

    Selon les premières orientations disponibles, la Présidence française du G7 en 2026 devrait ainsi s’articuler autour de deux piliers principaux :

    1. Réduire les déséquilibres macroéconomiques mondiaux

    Ce premier pilier, piloté par le ministère de l’Économie et des Finances (Trésor), vise à renforcer la coordination macroéconomique entre grandes économies dans un contexte d’endettement élevé, de pressions inflationnistes et de fragmentation financière.

    2. Réformer le cadre mondial du développement

    Le second pilier, conduit par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, portera notamment sur :

    • Le développement de financements innovants (échanges dette-développement, garanties, mécanismes financiers au-delà de l’aide publique au développement traditionnelle et le dépassement de la simple mesure de l’aide publique au développement pour cartographier l’ensemble des flux financiers nets).
    • Le soutien ciblé aux pays les plus vulnérables : mieux prendre en compte la vulnérabilité et la fragilité des pays (au-delà du seul critère de revenu) pour l’éligibilité aux financements.
    • Promouvoir une logique de partenariats « gagnant-gagnant » et de « retour sur investissement ».
    • Les mécanismes de solidarité internationale.

    Retour sur la ministérielle développement du 29-30 avril

    À l’issue de la ministérielle Développement du G7 des 29 et 30 avril, un communiqué et 4 livrables ont été publiés :

    • Un cadre pour la promotion du financement, de la souveraineté et de l’autonomie sanitaire ;
    • Une déclaration commune avec les ministres des Finances sur la mobilisations des ressources intérieures ;
    • Une déclaration en faveur d’une revue ambitieuse du CAD ;
    • Une nouvelle approche du G7 sur les corridors économiques.

    Le G7 met l’accent sur la mobilisation de financements au-delà de l’aide publique au développement, notamment les ressources intérieures, les capitaux privés, les financements mixtes et les banques publiques de développement.

    Six axes structurent les livrables et le communiqué :

    • Un développement fondé sur des partenariats mutuellement bénéfiques.
    • Réformer l’architecture du développement, avec une revue du Comité d’aide au développement de l’OCDE (élargissement des membres, TOSSD…), une meilleure mesure des flux financiers, une coordination renforcée entre bailleurs et un soutien à l’initiative ONU80.
    • Renforcer la mobilisation des ressources intérieures, en appuyant les systèmes fiscaux, la gestion des finances publiques, la transparence budgétaire et la lutte contre les flux financiers illicites.
    • Soutenir la souveraineté sanitaire, avec un Cadre pour la promotion du financement de la souveraineté et de l’autonomie sanitaires (coopération plus étroite entre BMD, ressources intérieures, capitaux privés et gestion plus efficace des finances publiques pour la santé).
    • Développer les corridors économiques, conçus comme des leviers d’intégration régionale, de connectivité, de création d’emplois et de mobilisation des investissements privés.
    • Concentrer les ressources concessionnelles vers les pays les moins avancés et les plus vulnérables, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la nutrition, des systèmes alimentaires et de la prévention des crises.

    Retour sur la ministérielle finances du 18-19 mai

    Réuni à Paris les 18 et 19 mai 2026, le G7 Finances a publié plusieurs textes consacrés à la stabilité économique mondiale, au soutien à l’Ukraine, à la sécurité économique, à la dette et au financement du développement. Les ministres des Finances et gouverneur·e·s des banques centrales y réaffirment leur volonté de renforcer la résilience des économies face aux tensions géopolitiques, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, aux risques climatiques, aux cybermenaces et aux transformations technologiques du secteur financier.

    Un communiqué adopté en G7+, après un échange avec le Brésil, l’Inde, le Kenya et la Corée du Sud souligne également les risques pesant sur la croissance mondiale, l’inflation et l’approvisionnement en énergie, en produits alimentaires et en engrais. Le G7 appelle à réduire les déséquilibres macroéconomiques mondiaux et à renforcer le suivi assuré par le Fonds monétaire international et l’Organisation de coopération et de développement économiques.

    Les ministres du Développement et des Finances se sont par ailleurs accordés sur des principes communs pour renforcer la mobilisation des ressources intérieures publiques dans les pays partenaires. Le texte met l’accent sur des systèmes fiscaux plus solides, une gestion plus transparente des finances publiques, la lutte contre l’évasion fiscale et les flux financiers illicites, ainsi qu’une meilleure coordination de l’assistance technique.

    Le public des pays membres soutient la coopération internationale, tout en demandant davantage de transparence

    À quelques semaines du sommet du G7 à Évian, du 15 au 17 juin 2026, l’enquête AFD–IFOP menée auprès de 7 000 personnes adultes dans les sept pays membres éclaire le rapport du public à la coopération internationale. Si 75 % des personnes interrogées adhèrent au principe d’un soutien aux pays en développement, les résultats soulignent aussi une connaissance partielle de l’aide publique au développement : seules 2 % identifient correctement la part du budget national qui lui est consacrée. Entre soutien au multilatéralisme, attentes de redevabilité et perception contrastée de l’efficacité de l’aide, ce sondage interroge la place que les citoyen·nes accordent aux partenariats internationaux dans l’agenda du G7.

    Sondage : l’opinion des citoyen·ne·s des pays du G7 sur les partenariats internationaux

    Une enquête AFD–IFOP menée dans les sept pays du G7 sur le rapport du public à la coopération internationale, à l’aide publique au développement et aux priorités des partenariats internationaux.

    Lire le sondage ➔

    Le G7, une opportunité pour la réforme de l’architecture financière internationale ?

    À l’approche du G7 2026, la réforme de l’architecture financière internationale s’impose comme une priorité stratégique, dans le cadre du suivi du Pacte pour la prospérité, les personnes et la planète (4P). Initié par la France depuis le Sommet de Paris pour un nouveau pacte financier mondial, le 4P a fait l’objet d’une réaffirmation explicite lors du Conseil présidentiel pour les partenariats internationaux du 6 avril 2025, confirmant son rôle de cadre de référence pour l’action internationale de la France. Cet engagement a également été consolidé par les prises de position du Président Emmanuel Macron à Séville à l’occasion de la 4ème conférence des Nations unies sur le financement du développement, avec l’objectif assumé de promouvoir le 4P dans les enceintes multilatérales, en particulier au sein du G7. Dans cette perspective, la France entend se saisir du G7 pour concourir à la réforme de l’architecture financière internationale, même si les modalités concrètes de son inscription à l’agenda et le niveau d’appropriation par les autres membres demeurent incertains.

    Rapport de suivi 4P

    Réforme de l’architecture financière internationale

    Rapport de suivi des engagements du Sommet pour un nouveau pacte financier mondial.

    Consulter le rapport intéractif ➔

    Dans ce contexte, Focus 2030 mobilise une série de partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux et poursuit son travail d’analyse qui se concrétisera par la production d’une version actualisée de son rapport de suivi de la réforme de l’architecture financière internationale en amont du sommet des dirigeants du G7.

    Les groupes d’engagement du G7 : la contribution des acteurs de la société civile

    Reconnus officiellement par le G7, les groupes d’engagement sont des coalitions d’acteurs de la société civile chargées de formuler des recommandations politiques à l’attention des chefs d’État et de gouvernement. Organisés par secteurs clés : comme le C7 pour la société civile, le W7 pour les droits des femmes, ou le Y7 pour la jeunesse. Ils se mobilisent en parallèle des négociations officielles pour influencer les décisions finales du Sommet. Dans la perspective de la présidence française de 2026, ces groupes ont vocation à « aiguillonner » le gouvernement français et ses homologues et garantir que la résolution des grands défis planétaires (santé, pauvreté, climat, financement du développement) fassent l’objet d’engagements politiques et financiers ambitieux.

    G7 Évian 2026

    Les groupes d’engagement du G7 2026

    15 au 17 juin 2026 Sommet des chef·fe·s d’État et de gouvernement à Évian.

    Trois espaces en lien avec le financement du développement

    Autres groupes d’engagement

    B7

    Business 7

    Sommet : 14 au 15 avril 2026.

    Business 7 (B7) : constitue la plateforme du monde des affaires en lien avec le G7, coordonné par le MEDEF.

    Site du B7
    Contact : Lys Vitral.
    L7

    Labour 7

    Sommet : 18 au 19 mai 2026.

    Labour 7 (L7) : représente les intérêts des travailleurs et salariés, coordonné par la Représentation syndicale à l’OCDE.

    Site du L7
    Contact : Martin Denis.
    S7

    Science 7

    Sommet : 18 au 19 mai 2026.

    Science 7 (S7) : encourage, soutient et protège la recherche scientifique, coordonné par l’Académie des sciences.

    Site du S7
    Contact : Cesar Manrique.
    U7

    Urban 7

    Sommet : 17 au 20 mai 2026.

    Urban 7 (U7) : regroupe des collectivités locales, coordonné par France Urbaine.

    Site du U7
    Contact : Régis Capo Chichi.
    G7

    G7 parlementaire

    Sommet : TBC début juin 2026.

    Les présidents d’Assemblée du G7 se réunissent également, lors du « G7 parlementaire », coordonné par l’Assemblée nationale.

    Site du G7 parlementaire
    Contact : Ariane Trichon.
    G7

    G7 des avocats

    G7 des avocats : promeut l’État de Droit, l’accès à la Justice et l’indépendance de la Justice, coordonné par le CNB.

    Site du G7 des avocats
    Contact : Géraldine Cavaillé.
    Y7

    Youth 7

    Youth 7 (Y7) : rassemble des jeunes autour des questions liées à la gouvernance mondiale, coordonné par Open diplomacy.

    Site du Y7
    Contact : Nelly Gaillard.
    P7

    Pride 7

    Pride 7 (P7) : pour promouvoir et protéger les droits des personnes LGBTQIA+, coordonné par Égides.

    Site du P7
    Contact : Michaël Arnaud.
    U7+

    University 7

    University 7 (U7+) : réunit des universités, coordonné par Science Po Paris.

    Site du U7+
    Contact : Jeremy Perelman.
    Contacts : Focus 2030 peut fournir les mails de contact des différents groupes d’engagement. Si vous êtes un·e représentant·e d’un de ces groupes, Focus 2030 peut diffuser vos communications : [email protected].

    La Labellisation du G7 France

    Nouveauté 2026 : la « Labellisation G7 ». La France introduit un dispositif permettant aux acteurs de la société civile (ONG, think tanks, collectivités, entreprises) de faire reconnaître leurs initiatives. Sous réserve d’une validation via une plateforme dédiée et du respect d’une charte éthique, les événements alignés sur les priorités du Sommet pourront obtenir le label officiel « Présidence française du G7 ». Ce statut permet l’utilisation de l’identité visuelle officielle, une reconnaissance institutionnelle et une visibilité accrue au sein de la programmation de la présidence.

    Agendas du G7 et du G20 en 2026

    Au-delà du sommet lui-même, la présidence française s’inscrira dans un processus annuel structuré, rythmé par de nombreuses réunions préparatoires tout au long de l’année 2026. Celles-ci comprendront des réunions de sherpas et de sous-sherpas, ainsi que des réunions ministérielles sectorielles (affaires étrangères, finances, développement, etc.), destinées à alimenter les priorités politiques du sommet et à renforcer la coordination entre les États participants et leurs partenaires.

    Le G7 ne se limite pas au sommet d’Évian. Il s’articule avec des événements « adossés » qui viendront compléter l’agenda :

    • Mars – Mai 2026 : Séquence des 7 réunions ministérielles (Finances, Développement, Affaires étrangères (crises), Commerce, Numérique, Intérieur, et Environnement/Énergie).
    • 7 avril 2026 : Sommet One Health à Lyon.
    • 11-12 mai 2026 : Sommet Africa Forward à Nairobi (Kenya), pour renforcer le partenariat avec le continent africain.
    • 15-17 juin 2026 : Sommet des Chefs d’État à Évian.

    En savoir plus 📚

    🔎 Les analyses de Focus 2030


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  • Cet article fait partie du dossier spécialG7 2026

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