Réforme de l’architecture financière internationale : où en est-on ?
Focus 2030 effectue un suivi indépendant des engagements pris au Sommet pour un nouveau pacte financier mondial en 2023. Mis à jour en continu, ce tracker documente les progrès réalisés en vue de réformer l’architecture internationale du financement du développement et du climat.
« Aucun pays ne devrait avoir à choisir entre la lutte contre la pauvreté et la préservation de la planète. » Trois ans après le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, organisé à Paris en juin 2023, cette exigence demeure au cœur des débats sur la réforme de l’architecture financière internationale.
Le diagnostic s’est depuis durci. Les pays en développement font face à des coûts d’emprunt élevés, à un accès inégal aux financements, à une exposition accrue aux effets du changement climatique et à un poids croissant du service de la dette. Ces contraintes réduisent leur capacité à financer simultanément la santé, l’éducation, l’adaptation climatique, la sécurité alimentaire et les investissements nécessaires à la réalisation des Objectifs de développement durable.
Les données disponibles illustrent l’ampleur du déséquilibre. 3,4 milliards de personnes vivent aujourd’hui dans des pays qui consacrent davantage de ressources au service de la dette qu’à la santé ou à l’éducation. Dans le même temps, le déficit annuel de financement des Objectifs de développement durable dans les pays en développement demeure estimé à 4 300 milliards de dollars US. Par ailleurs, au vu des politiques climatiques actuelles, la trajectoire mondiale de réchauffement se situe autour de +2,8 °C d’ici la fin du siècle.
Cette pression s’accroît alors que les canaux traditionnels de solidarité internationale se contractent. En 2025, l’aide publique au développement du Comité d’aide au développement de l’OCDE a reculé de 23,1 %, pour s’établir à 174,3 milliards de dollars US, son niveau le plus bas depuis 2017 en termes réels. Cette baisse intervient après plusieurs années de progression et marque une rupture majeure pour les pays les plus vulnérables, en particulier dans les secteurs qui dépendent fortement de financements concessionnels.
La réforme de l’architecture financière internationale vise à répondre à ces asymétries. Les pistes discutées portent notamment sur le rééquilibrage de la gouvernance des institutions multilatérales, l’évolution des banques multilatérales de développement, la mobilisation de nouvelles sources de financement, l’alignement des investissements sur les Objectifs de développement durable, ou encore l’amélioration des mécanismes de traitement de la dette.
Le Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète (4P), issu du Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, a contribué à structurer cette séquence. Créé pour maintenir l’élan politique du Sommet, il rassemble désormais plus de 70 États et s’appuie sur un secrétariat permanent hébergé à l’OCDE. En 2026, le 4P concentre notamment son action sur le lien entre dette, nature et climat, la mobilisation des capitaux privés et l’identification de nouvelles sources de financement.
Le suivi réalisé par Focus 2030 évalue l’avancée des engagements pris par les participants au Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, déclinés dans le 4P et une proposition de feuille de route attachée. Organisé autour de cinq domaines d’action (réforme des institutions financières internationales, orientation des financements existants, mobilisation de nouvelles ressources, traitement de la dette et mobilisation des financements privés), il révèle une mise en œuvre encore partielle. Seul un sixième des engagements examinés ont connu des avancées notables depuis 2023, notamment sur l’optimisation des bilans des banques multilatérales de développement et la structuration de coalitions en faveur de financements innovants. À l’inverse, la moitié des engagements témoignent encore de progrès limités, tandis qu’un quart n’ont enregistré aucune avancée significative, voire des reculs.
de personnes vivent dans des pays qui consacrent davantage de ressources aux intérêts de la dette qu’à la santé ou à l’éducation.
Source : CNUCEDmanquent chaque année aux pays en développement pour financer les Objectifs de développement durable.
Source : CNUCEDdes droits de vote au Fonds monétaire international sont détenus par les pays du G7, qui représentent sept pays sur 191, soit moins de 4 % des États membres.
Source : FMIde plus ont été versés par les pays en développement au titre du service de leur dette extérieure qu’ils n’ont reçu de nouveaux financements entre 2022 et 2024.
Source : Banque mondialecorrespond à la baisse de l’aide publique au développement des membres et associés du Comité d’aide au développement en 2025.
Source : OCDEles pays à faible revenu empruntent à des taux deux à quatre fois plus élevés que les États-Unis.
Source : CNUCEDTrois ans après avoir accueilli le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, la France assure en 2026 la présidence du G7.
À ce titre, elle vise à fédérer les membres du G7 ainsi que ses partenaires internationaux pour identifier les grands déséquilibres mondiaux et y répondre par des politiques nationales et multilatérales coordonnées.
RÉFORME DE L’ARCHITECTURE FINANCIÈRE INTERNATIONALE
Ce tracker recense les avancées, stagnations et reculs observés depuis le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial.






