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    Mutilations Génitales Féminines : Où en est le combat dans le monde ?

    Publié le 08/03/2023, modifié le 27/01/2026.

    230 millions de filles et de femmes dans le monde ont subi des mutilations génitales féminines (MGF). La plupart du temps pratiquées durant l’enfance, plus précisément entre 0 et 15 ans, les MGF désignent toutes les procédures impliquant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pour des raisons non médicales. 

    Si des cas de MGF sont reportés partout dans le monde, la pratique est précisément recensée dans 31 pays, principalement situés en Afrique subsaharienne, mais également au Moyen-Orient (notamment au Yémen et en Irak) et dans certains pays d’Asie comme l’Indonésie. Dans neuf pays, plus de trois femmes et filles sur quatre ont subi des MGF : la Somalie, la Guinée, Djibouti, le Mali, l’Égypte, le Soudan, l’Érythrée, le Sierra Leone et le Burkina Faso. 

     

    Que sont les mutilations génitales féminines ?

    L’ablation partielle ou totale du clitoris (MGF type I) et l’excision (type II) sont les deux types de MGF les plus fréquemment pratiqués. 

    Au-delà de la mutilation en elle-même, très rarement réalisée sous anesthésie, les MGF ont de graves répercussions sur la santé mentale et la santé sexuelle et reproductive des filles et des femmes. Selon le type de pratique, les conditions d’hygiène ou encore l’expertise de la personne pratiquant l’acte, des complications peuvent subvenir pouvant également entraîner la mort ou augmenter le risque de transmission du VIH. 

    Si les mutilations génitales féminines sont historiquement pratiquées par des acteurs communautaires, les enquêtes récentes montrent une implication croissante de professionnel·les de santé, un phénomène de médicalisation qui contribue à légitimer et perpétuer la pratique. Selon l’UNFPA, environ une femme sur quatre ayant subi une MGF a été excisée par du personnel de santé, une proportion qui dépasse un tiers en Égypte et atteint près de deux tiers au Soudan. En 2025, l’OMS a rappelé que la médicalisation des MGF demeure une violation des droits humains et appelé à un renforcement des mesures de prévention et de prise en charge.

    Combien de filles et de femmes sont concernées  ?

    Si 230 millions de filles et de femmes dans le monde aujourd’hui auraient subi des MGF, la pratique des MGF a diminué au cours des trois dernières décennies. Dans les 31 pays disposant de données de prévalence représentatives au niveau national, aujourd’hui, environ une fille sur trois a subi cette pratique contre une sur deux dans les années 1990. 

     

    Cependant, malgré un déclin général, tous les pays n’ont pas progressé. On estime que 4 millions de filles risquent de subir une MGF en 2026. À ce rythme, ce nombre pourrait atteindre 22,7 millions d’ici 2030.

    Aujourd’hui, la majorité des pays ont interdit les mutilations génitales féminines, reconnues comme une violation des droits fondamentaux des filles et des femmes. Cette condamnation est consacrée par plusieurs instruments internationaux, notamment la Convention internationale sur les droits de l’enfant, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes, ou encore le protocole de Maputo, ratifié par 42 pays africains.

    Malgré les appels répétés des Nations unies à une interdiction universelle, certains États n’ont toujours pas légiféré sur le sujet, comme le Mali ou l’Indonésie. Par ailleurs, même lorsque des lois existent, leur application demeure inégale. Au Sénégal, par exemple, près de 24 % des filles âgées de 15 à 19 ans ont subi une MGF, malgré une interdiction en vigueur depuis 1999.

    Les cadres juridiques eux-mêmes peuvent également être contestés ou fragilisés. Les débats récents en Gambie, où une proposition visant à abroger la loi interdisant les MGF a émergé en 2024 sous la pression de groupes conservateurs et religieux, illustrent les risques de recul législatif. Ces dynamiques rappellent que l’adoption d’une loi, si elle constitue une étape essentielle, ne garantit ni son application effective ni sa pérennité, et doit s’accompagner d’un engagement politique durable et d’un travail de fond avec les communautés concernées

    Sur l’ensemble des pays pour lesquels des données sont disponibles, la majorité des filles et des femmes déclarent que la pratique devrait cesser, mais de grandes variations persistent : la quasi-totalité des Tanzaniennes (98 %) considèrent qu’il faut mettre un terme aux MGF, tandis que moins d’une Malienne sur cinq (17 %) estime qu’il faudrait cesser ces pratiques. Une corrélation existe entre la pratique des MGF et leur acceptation sociale : dans les pays où elles sont plus répandues, moins de femmes déclarent que la pratique devrait cesser.

    Besoins et mobilisation de la communauté internationale 

    En 2008, L’UNFPA et l’UNICEF ont créé le Programme commun de lutte contre les mutilations génitales féminines, le plus grand programme mondial visant à accélérer l’élimination de cette pratique et à prendre en charge ses conséquences. Celui-ci travaille aux niveaux communautaire, national, régional et mondial pour sensibiliser aux effets des MGF. 

    L’UNFPA estimait en 2023 que 275 millions de dollars seront consacrés à la lutte contre les MGF d’ici à 2030, alors que 2,4 milliards de dollars seraient nécessaires pour atteindre l’objectif zéro mutilation génitale dans les 31 pays prioritaires. 

    Engagements de la France 

    En 2022, la France avait appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour mettre fin à ces pratiques et avait annoncé une augmentation de 300 000 euros de soutien financier à ce domaine d’action par rapport à 2021 dans le cadre du Plan national d’action contre les mutilations sexuelles féminines lancé en 2019.

    La nouvelle Stratégie internationale de la France pour une diplomatie féministe (2025-2023) fait de la prévention et de la lutte contre contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles un de ses piliers, dont la lutte contre les mutilations génitales féminines.

    La France apporte également son soutien à des acteurs de la société civile et à des fonds  notamment : 

    Dossier spécial sur l’état des inégalités femmes hommes-dans le monde en 2025 :Ce décryptage du combat contre les mutilations génitales féminines dans le monde est l’une des composantes d’un dossier spécial consacré aux inégalités de genre en 2025.

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