Sondage : quels enjeux internationaux préoccupent le plus les Français ?
Publié le 14/04/2026.
Invités entre le 30 octobre et le 8 décembre 2025 à hiérarchiser les enjeux mondiaux qui les préoccupent personnellement, 60 % des Français placent en tête les « crises économiques, le chômage et le pouvoir d’achat ». Les enjeux économiques s’imposent ainsi comme leur première source d’inquiétude, reléguant le changement climatique à la troisième place, en nette inflexion par rapport à la hiérarchie observée en 2019.
En deuxième position, 47 % des répondants citent les « guerres, conflits et terrorisme ». Cette préoccupation s’inscrit dans une tendance haussière depuis l’invasion de l’Ukraine, passant de 35 % en octobre 2021 à 46 % en octobre 2022. Après un léger repli en 2023, elle se maintient à un niveau élevé, dans un contexte international marqué par la multiplication des foyers de tension.
Les données recueillies fin 2025 ne prennent toutefois pas en compte l’escalade majeure observée en 2026 avec la guerre opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, déclenchée fin février et caractérisée par des frappes aériennes et une perturbation durable des échanges énergétiques mondiaux . Ce conflit, encore en cours et aux répercussions économiques significatives, notamment sur les prix de l’énergie, contribue à renforcer durablement le sentiment d’insécurité internationale.
En 2019, 56% des personnes interrogées en France avaient classé les enjeux liés aux changements climatiques comme étant leur premier sujet de préoccupation personnelle. Ce pourcentage n’a cessé de décroître au fur et à mesure des vagues d’enquêtes, jusqu’à descendre à 38% en novembre 2025.
Ces dernières années, les « flux migratoires » ou les « inégalités dans le monde » génèrent un niveau de préoccupation plutôt constant. Tandis qu’au fur et à mesure que s’éloigne le souvenir du Covid-19, les personnes interrogées se soucient de moins en moins de l’enjeu sanitaire des pandémies, qui passe de 29% en octobre 2020 à 11% en novembre 2025.
En regardant de plus près, l’âge des répondants n’influe pas (ou peu) le niveau de préoccupation à l’égard des « inégalités entre les riches et les pauvres », les « nouvelles technologies ou l’intelligence artificielle », ou « le risque de pandémie ». En revanche, on remarque que :
- les personnes de 18 à 24 ans se soucient moins de la guerre (-11 points de pourcentage) et de la crise économique ou du chômage (-12 points de pourcentage) que la moyenne des Français,
- les personnes de 18 à 34 ans se soucient davantage du changement climatique que la moyenne des Français (+8 points de pourcentage),
- les personnes de 18 à 44 ans se soucient moins des enjeux liés aux flux migratoires que la moyenne des Français (-8 points de pourcentage) et davantage des pays en développement à propos de l’accès à l’éducation, la santé, l’eau potable et la nourriture, soit +11 points de pourcentage par rapport à ceux qui ont plus de 45 ans.
Par rapport aux hommes, les femmes sont plus soucieuses des enjeux économiques (+6 points de pourcentage), des guerres (+ 4 points), des inégalités entre les riches et les pauvres (+5 points), ou des pays en développement en matière d’accès à l’éducation, à l’eau, à la santé (+6 points).
Par rapport aux femmes, les hommes sont plus soucieux des enjeux migratoires (+8 points), du populisme (+7 points), de la désinformation (+6 points), ou des nouvelles technologies (+5 points). En revanche, femmes et hommes ont le même niveau de préoccupation à l’égard du changement climatique.
Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre du projet Development Engagement Lab visant à mesurer l’évolution des opinions, ressentis, connaissances & comportements sur les enjeux de solidarité internationale et sur les Objectifs de développement durable, dans quatre pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis).






