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    Communiqué de presse : sondage d’opinion du Development Engagement Lab à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes

    Publié le 07/03/2023.


     

    À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, plus d’une personne sur deux considère que mettre fin aux discriminations à l’égard des femmes et des filles est indispensable pour mettre fin à la pauvreté dans le monde.

    LONDRES, Royaume Uni – Selon un sondage d’opinion conduit par YouGov en Grande-Bretagne, France, Allemagne et aux États-Unis, le Development Engagement Lab (DEL) révèle que les citoyens des quatre pays couverts par l’étude considèrent que pour éradiquer la pauvreté dans le monde, la communauté internationale doit mettre fin à la discrimination généralisée dont sont victimes les femmes et les filles.
     

     

    « Nous avons soumis aux personnes interrogées un certain nombre d’affirmations relatives aux enjeux de genre et à l’égalité entre les femmes et les hommes et leur avons demandé dans quelle mesure elles les soutenaient ou pas » indique Jennifer Hudson, co-directrice du Development Engagement Lab. « Plus de la moitié des répondants américains (51 %) et près de 6 personnes sur 10 en France (59 %) considèrent que mettre fin aux discriminations à l’égard des femmes et des filles est indispensable pour mettre fin à la pauvreté dans le monde. En Allemagne et en Grande- Bretagne, 53 % s’accordent sur ce point ».

    Jennifer Hudson indique par ailleurs que « seul un autre énoncé bénéficie d’un soutien supérieur de la part des citoyens : « lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes est moralement ce qui doit être fait » qui recueille de 75 % d’opinions favorables en France à 54 % aux Etats-Unis ».

     

     

    « Nous avons été franchement surpris de constater à quel point l’égalité femmes- hommes était considérée comme nécessaire pour mettre fin à la pauvreté de la part des citoyens », a déclaré Paolo Morini, chercheur auprès de DEL. « C’est un signal clair qui ressort de notre étude : selon les enquêtés, l’égalité entre les femmes et les hommes ne doit pas être considérée comme un complément à la réduction de la pauvreté mais comme un facteur primordial à prendre en compte ».

    Un enjeu qui motive le vote

    Autre résultat qui a retenu l’attention des chercheurs : près d’une personne sur trois en Allemagne, en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis se dit prête à « voter lors d’une élection pour un candidat qui soutient l’égalité femmes-hommes » afin d’encourager le gouvernement à agir.

     

     

    « Nous avons offert aux personnes interrogées la possibilité de choisir une action parmi un éventail d’options, parmi lesquelles « signer une pétition », « boycotter les entreprises dont les pratiques aggravent les inégalités entre les femmes et les hommes », « contacter mon député » et « faire un don », entre autres choses », a déclaré Soomin Oh, chercheure auprès de DEL. « « Signer une pétition » est l’action qui a été la plus communément sélectionnée en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne, mais dans les quatre pays, « voter » arrive dans le duo de tête, ce qui nous a surpris », a déclaré Soomin Oh.

    Que souhaitent les citoyens et les citoyennes ?

    Les aspirations citoyennes pour mettre en avant les inégalités de genre s’observent également dans leurs attentes vis-à-vis de l’action du gouvernement : entre 40 % (aux États-Unis) et 53 % (en France) des personnes interrogées considèrent que le gouvernement devrait en faire « un peu plus » ou « beaucoup plus » pour lutter contre l’inégalité entre les femmes et les hommes, tant dans leur pays qu’à l’étranger. A titre de comparaison, entre 10 % (en France) et 27 % (aux États-Unis) des individus déclarent que le gouvernement en fait déjà un peu ou beaucoup trop. En moyenne, moins d’une personne sur quatre considère que le gouvernement fait « ce qu’il faut ».

    « Il existe un consensus notable au sein de la population pour demander au gouvernement d’agir, tant au niveau national qu’international », complète Jennifer Hudson. Ceci s’observe sur toutes les formes d’interventions susceptibles d’être menées par le gouvernement ».

     

     

    Interrogées sur les mesures qu’elles souhaitent que leurs gouvernements prennent pour réduire les inégalités de genre auxquelles sont confrontées les femmes et les filles dans les pays en développement, les déclarations des personnes interrogées en Grande- Bretagne, en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux États-Unis sont unanimes : parmi les différentes interventions proposées, 41 % à 54 % considèrent que les gouvernements devraient « améliorer la formation et l’éducation des femmes et des filles pour leur permettre de prendre part aux décisions politiques ».

    En seconde position, les opinions publiques des quatre pays s’accordent à dire que les gouvernements devraient s’efforcer de « lutter contre les obstacles culturels, politiques et religieux, tandis que « sensibiliser le public aux défis auxquels les femmes et les filles font face » se classe en troisième position en Allemagne et en Grande-Bretagne. En France, en revanche, on observe une volonté de changer les institutions en « augmentant le nombre de femmes et la représentation des femmes dans les institutions gouvernementales qui allouent l’aide au développement ».

     

    DISPONIBLE POUR INTERVIEW : Jennifer Hudson, Directrice et cofondatrice du Development Engagement Lab, Professeure de sciences politiques auprès de University College London et co-autrice du rapport. (Cf. biographie ci-dessous)

     

    Au sujet du Development Engagement Lab

    Le Development Engagement Lab (DEL) est un laboratoire de recherche dédié à la mesure des attitudes, des opinions et du niveau d’engagement des citoyens sur la pauvreté et les inégalités mondiales. DEL est financé par la Fondation Bill & Melinda Gates et est rattaché à l’University College London et à Birmingham University.

    Initialement nommé Aid Attitudes Tracker (AAT) ce projet de recherche est mené en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

    Ont contribué à cette enquête : Jennifer Hudson, David Hudson, Soomin Oh, Paolo Morini et Felipe Torres Raposo.

    Au sujet de Jennifer Hudson

    Jennifer Hudson est professeure de sciences politiques auprès de University College London (UCL) et co-directrice du Development Engagement Lab. Elle a publié des articles sur un large éventail de sujets analysant le comportement politique des élites et des citoyens, notamment l’opinion publique et l’engagement en faveur du développement, le soutien à l’aide internationale, les campagnes parlementaires et les processus électoraux. Les recherches de Jennifer Hudson ont été financées par la Fondation Bill & Melinda Gates, le Economic and Social Research Council, le Danish Council for Independent Research, la Fondation Nuffield et le Leverhulme Trust.

    Au sujet de Paolo Morini

    Paolo Morini est chercheur au département de sciences politiques de University College London. En tant que chercheur auprès du Development Engagement Lab, il étudie ce qui motive le soutien du public à l’aide au développement, la coopération internationale et analyse les facteurs qui influencent l’engagement citoyen en faveur de la lutte contre la pauvreté et les inégalités mondiales.

    Au sujet de Soomin Oh

    Soomin Oh est chercheure en postdoctorat au Development Engagement Lab. Ses recherches portent sur l’économie politique du développement et sur les modèles de redistribution des richesses aux échelles internationale et nationale. Elle a travaillé sur des évaluations d’impact de projets de développement en collaboration avec USAID et la Banque mondiale en Cisjordanie, au Népal et au Tadjikistan. Soomin Oh a obtenu son doctorat en sciences politiques à l’université de Duke, avec une spécialisation en économie politique.

    Sondage : faits et chiffres à destination des partenaires – Development Engagement Lab

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