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    Les réticences des français vis à vis de l’aide publique au développement

    Publié le 23/07/2018.

    A partir d’un certain nombre d’arguments répétés à l’envi, l’aide publique au développement (APD) souffre d’un déficit en termes de réputation.

    Même si les français n’ont qu’une idée très imprécise de l’APD, leurs inquiétudes se manifestent inlassablement autour des mêmes inquiétudes : corruption, gaspillage, inefficacité, etc.

    L’aide internationale est « gaspillée »

    Une majorité de français ont une mauvaise image de l’aide internationale de la France. 56% des français pensent que cette aide est gaspillée.

    Ces opinions rappellent que le gaspillage de l’aide publique au développement est une idée qui fonctionne comme un « lieu commun » abondamment partagé par les français.

    Seuls 10% des français semblent être confiants quant à une bonne utilisation des fonds alloués par les pays riches à destination des pays en développement.

    L’aide internationale finit dans les poches de dirigeants corrompus

    La corruption apparait comme un frein majeur dans le soutien des français à l’aide au développement.

    65% des français estiment que l’aide publique n’atteint pas son objectif dès lors qu’elle finit dans les poches des dirigeants des pays en développement.

    Cette opinion majoritaire des français reflète la mauvaise réputation qu’ont les responsables politiques dans les pays en développement.

    On observe lors de focus groupe, réalisés en France que la pauvreté dans certaines régions du monde est fréquemment attribuée, de façon indéterminée, à la corruption des régimes politiques en place dans les pays en développement.

    L’aide internationale rendrait dépendantes les populations récipiendaires

    41% des français estiment que l’aide internationale versée aux populations les plus pauvres est susceptible de les rendre dépendantes.

    Ce pourcentage rappelle que lorsque l’on interroge les français sur la solidarité internationale, ils plébiscitent les actions qui conduisent à l’autonomisation des pays en développement.

    De façon schématique, un programme de développement réussi consisterait (idéalement) à donner et/ou aider une bonne les populations les plus pauvres, « une bonne fois pour toutes », pour, in fine, repartir sur des bases plus égalitaires entre pays du nord et pays du sud et ne plus avoir à se soucier de la solidarité internationale.

    L’aide n’est pas critiquée en tant que dispositif de solidarité internationale, mais davantage sur ses effets secondaires.

    La pauvreté dans le monde : un puits sans fond ?

    Pour la moitié des français, la croissance démographique des pays pauvres rend inefficace toute aide au développement.

    Sur cette question, les français n’expriment pas une opinion défavorable au principe de solidarité internationale, mais davantage une incapacité à pouvoir résoudre la pauvreté dans le monde, un désarroi devant des causes primaires (démographie) sur lesquels les aides internationales n’auraient pas de prise.

    Dans l’opinion des français, le sous-développement serait dû en partie à l’explosion démographique dans les pays pauvres, c’est à dire à une démographie non-régulée.

    Pour 50% des français, il y a un certain désespoir à l’idée qu’aucune aide ne peut être apportée aux populations des pays les plus pauvres, tant le nombre de personnes à aider est important. Il s’agit là d’une forme de fatalité devant une situation que les pays riches ne pourraient résoudre.

    Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre du projet Aid Attitudes Tracker qui mesure l’évolution des opinions et comportements sur les enjeux de solidarité internationale dans quatre pays.

    Pour aller plus loin
  • Retrouvez la méthodologie du projet Aid Attitudes Tracker
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