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    Qui connaît les Objectifs de développement durable ? Comparaison entre 4 pays industrialisés

    Publié le 17/01/2024, modifié le 19/12/2025.

    En partenariat avec l’University College London (UCL) et l’Université de Birmingham, Focus 2030 mène un programme de recherche-action destiné à analyser les perceptions, attitudes, comportements et ressentis des citoyens sur les enjeux de solidarité internationale dans quatre pays : France, Allemagne, États-Unis et Royaume-Uni.Intitulé Development Engagement Lab (DEL), ce projet vise à alimenter en données chiffrées les acteurs du développement (ONG, fondations, think tanks, ministères, institutions publiques, organisations internationales) afin de leur permettre de mieux saisir les attentes citoyennes pour mettre en œuvre leurs activités de communication, de mobilisation et de plaidoyer.

    C’est dans ce cadre que depuis 2019, des questions récurrentes sont posées tous les ans dans ces quatre pays, parmi lesquelles, cette interrogation permettant de mesurer le degré de connaissance/méconnaissance des Objectifs de développement durable (ODD).

    Sans grande surprise, l’existence des Objectifs de développement durable (ODD) adoptés en 2015 par les Nations Unies et 193 États membres à New York souffre d’un déficit de diffusion et d’appropriation par les citoyen·ne·s.

    Quand on regarde les réponses obtenues en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, seule une minorité des répondants (entre 8% et 12%) affirme en avoir déjà entendu parler « tout en sachant ce que c’est ». Un pourcentage relativement stable au cours des vagues d’enquête depuis 2019.

    Le pourcentage de ceux qui reconnaissent ne pas du tout savoir ce que sont les Objectifs de développement durable des Nations Unies, oscille entre 51% chez les Français à 73% chez les Britanniques. En observant la répartition des pourcentages sur les quatre réponses possibles, c’est au Royaume-Uni que la connaissance des ODD semble la moins spontanément affirmée.

    Parmi les répondants qui prétendent « connaitre ce que sont les ODD sans vraiment savoir ce que c’est », les Français sont beaucoup plus nombreux que leurs homologues Allemands, Britanniques ou Américains. En regardant de plus près, il y a de grandes fluctuations parmi les réponses choisies, c’est à dire entre le choix de la réponse intermédiaire « je connais mais je ne sais pas », ceux qui répondent « non » avec certitude et ceux qui simplement « ne savent pas » répondre à cette question.

    Derrière ces disparités, il faut sans doute imaginer d’une part l’influence des politiques publiques nationales en matière d’environnement, d’autre part le degré de sensibilisation relatif au développement durable propre à chaque pays, mais aussi une dimension sémantique attachée à l’expression « développement durable » probablement utilisée selon des fréquences différentes selon les langues et les pays. Par exemple, l’expression « développement durable » est particulièrement polysémique en français. La vulgarisation de ce concept initié à l’occasion de la Conférence de Rio en 1992 s’est illustrée en France par l’adoption de politiques publiques reprenant le concept de « développement durable », de rubriques dédiées dans les journaux sur ce sujet, de l’appropriation du thème dans la communication des entreprises, voire de l’intégration de cette dénomination dans l’intitulé de ministères.

    Aussi, ce que la majorité des français entendent par Objectifs de développement durable fait sans doute, pour une part, référence au « développement durable » dans sa dimension écologique et environnementale. Nous avions ainsi remarqué dans des vagues d’enquêtes précédentes que lorsque l’on interrogeait les mêmes populations sans que la question posée ne fasse référence aux Nations Unies, le taux de connaissance des ODD s’avérait subitement beaucoup plus élevé en France. Ce qui tendait à démontrer qu’une partie des répondants avait tendance à prétendre connaitre le « développement durable » sans pour autant répondre à la question relative à la connaissance des ODD.

    En regardant plus en détail, pays par pays, le niveau d’éducation constitue la principale variable discriminante pour comprendre le niveau de connaissances de l’Agenda 2030, dans chacun des quatre pays étudiés.

    A l’exception des résultats obtenus aux Etats-Unis, plus les répondants sont jeunes et plus ils sont susceptibles de connaître (ou de prétendre connaitre) les ODD. Cette différence peut-être imputée à la polysémie de l’expression « développement durable », qui fait largement référence, dans un langage commun, aux questions environnementales, une cause particulièrement soutenue par les plus jeunes générations.

    Comme dans la plupart des enquêtes, les hommes sont plus nombreux que les femmes à déclarer savoir ce sont les ODD, ce qui ne suffit pas, en l’occurrence, pour en déduire que les hommes sont plus sensibilisés que les femmes au concept des ODD en général, ou aux 17 objectifs en particulier.

    Ces données sont issues de sondages réalisés par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre du projet Development Engagement Lab. Information et méthodologie disponible ici dans quatre pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis)

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