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    Où en est le droit à l’avortement dans le monde en 2026 ?

    Publié le 08/03/2023, modifié le 27/02/2026.

    L’accès de toutes les personnes qui le souhaitent à un avortement sûr et de qualité est l’un des enjeux des Objectifs de développement durable (ODD). La cible 6 de l’ODD 5, « Égalité entre les sexes », énonce vouloir « assurer l’accès de tous aux soins de santé sexuelle et procréative et faire en sorte que chacun puisse exercer ses droits en matière de procréation ». Cet ODD, adopté en 2015, n’est pas la première mention dans un texte international des droits sexuels et reproductifs : en 1994, la Conférence internationale sur la population et le développement a reconnu le droit des femmes à contrôler leur propre fécondité, y compris le droit de choisir si et quand avoir des enfants. La Déclaration et le Programme d’action de Beijing, adoptés en 1995, ont également reconnu le droit des femmes à avoir accès à des services de santé sexuelle et reproductive sûrs et efficaces.

    Depuis lors, de nombreux pays ont adopté des lois qui garantissent le droit à l’avortement. Plusieurs types de législations existent, autorisant ou non l’avortement selon des critères variés :

    • Autorisé sur demande
    • Autorisé pour raisons socio-économiques
    • Autorisé pour raisons de santé
    • Interdit sauf pour préserver la vie de la femme
    • Strictement interdit

    La carte ci-dessous présente l’état des législations dans le monde en 2026 :

     

    Ainsi, en 2026, l’avortement est autorisé sur demande dans 77 pays et dans 12 pays pour raisons socio-économiques. Ces chiffres sont néanmoins à nuancer : dans certains États fédéraux, comme aux États-Unis, les législations varient d’une région administrative du pays à une autre. Des variations existent également concernant les durées de gestation : la grande majorité des pays autorisent l’avortement jusqu’à 12 semaines de grossesse, mais ce délai peut-être plus long (il est notamment de 24 semaines au Royaume-Uni). L’avortement est autorisé dans 47 pays pour raisons de santé, dans 44 pays pour protéger la santé de la personne enceinte, et il est strictement interdit dans 21 pays.

    Ainsi, selon le Center for Reproductive Rights, 40 % des femmes dans le monde vivent dans des pays où la législation sur l’avortement est restrictive. Ces restrictions ont des conséquences importantes sur la vie des femmes : chaque année, l’OMS estime à 39 000 le nombre de décès causés par des avortements non-sécurisés. Cependant, même dans les pays où l’avortement est légal, des obstacles peuvent encore exister, tels que des coûts élevés, des délais d’attente, des exigences de consentement parental ou conjugal, et la stigmatisation sociale.

    La question de l’avortement demeure hautement politique et controversée dans de nombreux pays du monde. Malgré des évolutions certaines, un recul des législations est observé dans plusieurs pays du monde, notamment en Pologne, au Salvador, au Nicaragua, ainsi qu’aux États-Unis suite à l’annulation en 2022 de l’arrêt Roe v. Wade par la Cour suprême qui garantissait constitutionnellement ce droit.

    Comme le rappelle l’ONG Amnesty International, quelle que soit la législation des pays, les femmes ont recours à l’avortement dans les mêmes proportions : 37 sur 1 000 lorsque la loi l’interdit, 34 sur 1 000 lorsqu’elle l’autorise. La différence est le danger pour la santé des femmes : les IVG clandestines sont la troisième cause de mortalité maternelle dans le monde.

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