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    Combien le G7 alloue-t-il en aide publique au développement pour la nutrition ?

    Publié le 11/06/2021.

    Pourquoi faut-il investir durablement dans la lutte contre la faim ?

    Aujourd’hui encore, une personne sur neuf dans le monde n’a pas de quoi se nourrir, soit 688 millions d’individus en 2019, selon l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). C’est-à-dire dix millions de plus qu’en 2018.

    La sous-nutrition est ainsi responsable d’au moins 45 % des décès des enfants de moins de 5 ans. La plupart de ces enfants dont la vie s’arrête prématurément vivent dans les pays en développement, particulièrement en Afrique Subsaharienne et en Asie.

    Cette violation quotidienne du « droit fondamental à l’alimentation » a également un coût économique.

    Le coût de la sous-nutrition est évalué à plus de 3 milliards de dollars par an. Sont mises en cause les complications de santé qu’elle génère d’une part, et la réduction du capital humain productif qu’elle provoque dans les pays en développement d’autre part.

    Pourtant, des solutions existent. Il s’agit notamment d’investissements dans des politiques publiques qui ont déjà fait leurs preuves pour prévenir la sous-nutrition et réduire durablement la pauvreté.

    Quelle est la situation actuelle des financements dans la lutte contre la sous-nutrition ?

    On sait déjà que 7 milliards de dollars par an sont requis, entre 2016-2025, pour soutenir la lutte contre la faim à l’horizon 2025. De leur côté, les pays en développement ont déjà fait de nombreux efforts, notamment via la hausse de leurs ressources domestiques allouées à la lutte contre la sous-nutrition (21,6 milliards de dollars ont été mobilisés depuis 2013).

    A ce jour, du côté des pays donateurs et de la communauté internationale, la réponse financière demeure bien trop faible. Moins d’1 % de l’aide publique au développement mondiale est destinée à la lutte contre la malnutrition. Ce niveau devrait être doublé pour contribuer à atteindre l’Objectif de développement durable n°2 : « Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable » d’ici 2030.

    Quel est le rôle du G7 dans la lutte contre la sous-nutrition ?

    Dans la mesure où les pays du G7 financent les trois quarts de l’aide au développement totale, ce groupe de pays a un rôle particulier à jouer. Ils sont attendus sur des investissements dits « sensibles », ayant un impact sur les causes structurelles de la nutrition (par exemple, l’amélioration de l’accès à l’eau potable). Ils sont également attendus sur des interventions dites « spécifiques » ou directes (par exemple, fournir des aliments riches en micronutriments aux personnes vulnérables).

    En 2017, les montants alloués par chacun des pays du G7 se répartissaient de la manière suivante :

    Au-delà du montant de l’aide au développement que les pays du G7 devraient allouer à la sécurité alimentaire, le G7 devrait se doter d’un cadre de suivi de ses propres engagements.

    Les précédents sommets du G7, tout particulièrement ceux d’Aquila (Italie) en 2009 ou de Lough Erne (Royaume-Uni) en 2013, lequel visait à sortir 500 millions de personnes de l’insécurité alimentaire d’ici à 2030, mériteraient une évaluation approfondie. C’est la raison pour laquelle de nombreuses ONG revendiquent l’adoption d’un rapport de redevabilité à l’occasion de la présidence française du G7 en 2019. Il s’agirait du seul moyen pour mesurer le suivi des engagements financiers promis et l’impact des mesures adoptées.

    Pour aller plus loin :

    Action contre la Faim : Augmenter les financements alloués à la nutrition (en anglais)

    Agence française de développement (AFD) : Améliorer la prise en compte de la nutrition dans les projets de développement rural et de santé

    Scaling Up Nutrition

    Power of Nutrition

    Groupe de travail du G7 sur la sécurité alimentaire (2018) : Rapport financier sur la sécurité alimentaire et la nutrition

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