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    Ce que les Français·es comprennent (ou savent) des progrès réalisés sur le continent africain

    Publié le23/02/2023.

    En partenariat avec l’University College London (UCL) et l’Université de Birmingham, Focus 2030 mène un programme de recherche-action destiné à analyser les perceptions, attitudes, comportements et ressentis des citoyens sur les enjeux de solidarité internationale dans quatre pays : France, Allemagne, États-Unis et Royaume-Uni.

    Intitulé Development Engagement Lab (DEL), ce projet vise à alimenter en données chiffrées les acteurs du développement (ONG, fondations, think tanks, ministères, institutions publiques, organisations internationales) afin de leur permettre de mieux saisir les attentes citoyennes pour mettre en œuvre leurs activités de communication, de mobilisation et de plaidoyer.

    C’est dans ce cadre qu’un échantillon de 2 066 personnes représentatif de la population française a été invité, entre le 30 avril et le 5 mai 2021, à évaluer, à partir d’une liste préétablie, les domaines dans lesquels on a observé le plus de progrès sur le continent africain.

     

    Du point de vue des citoyen·ne·s comme selon les statistiques officielles, l’éducation et la santé progressent en Afrique

    Interrogés en pleine pandémie de Covid-19, les Français·es ont considéré que les domaines dans lesquels on pouvait identifier des progrès sur le continent africain étaient principalement l’accès à l’éducation (32 %) et l’accès à la santé ou la baisse de la mortalité (29 %). Ces opinions reflètent l’opinion de l’ensemble des Français·es quels que soient leur âge, leur genre ou leurs sympathies politiques. À noter cependant que les répondant·e·s de 18 à 44 ans sont moins nombreux à avoir sélectionné les progrès en matière de santé.

    Les données de l’OMS montrent effectivement que l’espérance de vie a augmenté sur le continent africain, davantage qu’ailleurs dans le monde entre 2000 et 2019, une évolution qui ne tient cependant pas compte des conséquences de la pandémie de Covid-19. Le même rapport publié en 2022 met en lumière une progression dans l’accès à la santé (ODD 3) des populations sur le continent.

    De la même manière et sur la même période, en matière d’éducation (ODD 4), dans son rapport Transformer l’éducation en Afrique, l’UNICEF note que « la proportion d’enfants non scolarisés parmi ceux en âge de fréquenter l’école primaire a été divisée par deux, passant de 35 % en 2000 à 17 % en 2019. »

    Qu’il s’agisse de santé ou d’accès l’éducation, tout se passe comme si les Français et les Françaises avaient connaissance des progrès enregistrés ces dernières années sur le continent africain.

     

    La technologie pour tous, même en Afrique

    En troisième position pour 24 % des Français·es, l’accès aux technologies de l’information, c’est-à-dire à Internet et aux téléphones portables, représente un progrès majeur du continent africain. Cette opinion est davantage partagée par les hommes que par les femmes (écart de 5 points de pourcentage).

    La vision d’une population africaine complètement déconnectée des technologies a laissé la place à la conscience supposée, que partout sur la planète régne désormais l’accès aux technologies numériques permettant de se relier au monde. Sur ce sujet, il y a donc probablement une modification des stéréotypes tendant à ne plus associer « Afrique » et « fracture numérique ».

    En regardant les données factuelles, on constate effectivement que la part des populations du continent africain connectées à Internet est de plus en plus grande, mais surtout très variée selon les pays concernés. Les taux d’utilisation d’internet oscillent entre moins de 10 % dans les régions les moins industrialisées à plus de 60 % dans les pays les plus connectés, selon le rapport Digital Trend in Africa de l’Union internationale des télécommunications (ITU). Ce même rapport souligne cependant la persistance d’inégalités de genre, avec par exemple 37 % des hommes et 20 % des femmes déclarant utiliser internet.

     

    La réduction de la pauvreté en Afrique apparait comme un progrès relatif (ou incomplet)

    En quatrième position sur une liste de 9 progrès listés, 15 % des répondant·es ont sélectionné la réduction de la pauvreté comme une des avancées observées sur le continent africain. Ce choix ne varie pas suivant l’âge ou les sympathies politiques, en revanche, les hommes sont nettement plus nombreux que les femmes (écart de 8 points) à identifier ce progrès. Derrière ce chiffre, il y a bien sûr la conscience que tout reste à faire, mais aussi le sentiment que la lutte contre la pauvreté porte au moins quelques fruits, dès lors qu’il semble malgré tout possible d’identifier des progrès en la matière.

    Cette réponse des Français·es s’avère plutôt juste dans la mesure où l’on note une réduction régulière du pourcentage de personnes vivant sous le seuil de pauvreté sur le continent africain. Les données de l’African Union Development Agency précisent notamment que l’extrême pauvreté est passée de 46 % dans la période 1995-2005 à une projection de 35 % pour la période 2016-2025. Cette évolution, disparate sur le continent, ne tient toutefois pas non plus compte des conséquences de la pandémie de Covid-19 ou de la guerre en Ukraine à partir de 2020.

     

    Des progrès sociaux moins perceptibles : l’autonomie des femmes et l’émergence de la société civile

    L’autonomisation des femmes n’est reconnue comme un progrès sur le continent africain que par 14 % des Français·es, soit dans les mêmes proportions que le poids des mouvements associatifs et l’engagement de la jeunesse (13 %) ou l’émergence de voix influentes (13 %). Ce dernier est davantage identifié par les répondants de 18 à 44 ans en comparaison avec leurs aînés (écart de 5 points).

     

    Aux yeux des Français·es, la transition démocratique apparait comme un échec sur le continent africain

    Les progrès en matière politique et plus précisément en matière de transition démocratique n’ont été sélectionnés que par 8 % des répondant·e·s, en dernière position de leur classement des progrès enregistrés sur le continent. L’organisation de la vie politique apparait comme un défi majeur en Afrique, un défi non résolu que les Français·es identifient d’ailleurs comme l’un des problèmes majeurs auxquels le continent fait face aujourd’hui en matière de développement.

     

    Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre du projet Development Engagement Lab. Information et méthodologie disponible ici.

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