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    Les Français·es largement en faveur d’un devoir de vigilance imposé aux multinationales

    Publié le 05/07/2021, modifié le 08/12/2025.

    En partenariat avec l’University College London (UCL) et l’Université de Birmingham, Focus 2030 mène un programme de recherche-action destiné à analyser les perceptions, attitudes, comportements et ressentis des citoyens sur les enjeux de solidarité internationale dans quatre pays : France, Allemagne, États-Unis et Royaume-Uni.

    Intitulé Development Engagement Lab (DEL), ce projet vise à alimenter en données chiffrées les acteurs du développement (ONG, fondations, think tanks, ministères, institutions publiques, organisations internationales) afin de leur permettre de mieux saisir les attentes citoyennes pour mettre en œuvre leurs activités de communication, de mobilisation et de plaidoyer.

    Du 21 au 28 juillet 2020, 2066 adultes représentatifs de la population française ont été interrogés à propos de la mise en place d’un devoir de vigilance imposé aux entreprises multinationales en matière de droit du travail. 76% des Français·es déclaraient alors souhaiter que l’Union européenne rende effectif et contraignant le devoir de vigilance des entreprises multinationales qui ne respectent pas les droits des travailleurs dans les pays en développement où elles opèrent.

    Cette opinion est d’autant plus partagée par les Français·es (interrogés entre le 30 avril et le 5 mai 2021) que seuls 4% d’entre eux se déclarent défavorables à cette mesure. Il n’est pas interdit de penser que la pandémie de Covid-19 d’un côté, les questions environnementales de l’autre, conduisent progressivement les Français·es, et par extension les populations des pays industrialisés, à regarder la globalité des enjeux, qu’ils soient sanitaires, économiques ou écologiques, avec une acuité renouvelée. En l’occurrence, la conscience des inégalités à l’échelle du monde rend plus indécents les énormes bénéfices des entreprises multinationales, perçues comme des entités économiques affranchies des lois et à distance des devoirs en matière de bien-être, de respect des droits fondamentaux, de l’environnement et de la santé.

    Faire en sorte que l’Union européenne incite les multinationales à respecter le droit du travail, c’est à dire les droits des travailleurs·euses dans les pays en développement où elles occupent une main d’œuvre à bon marché, est d’autant plus attendue chez les Français·es de +55 ans (+ 8 points de pourcentage) et par les sympathisant·e·s de gauche (+ 12 points).


    -> Le point de vue du Collectif Ethique sur l’étiquette sur le devoir de vigilance des multinationales




    Cette préoccupation partagée par les Français·es en matière de respect du droit du travail fait écho aux analyses et aux revendications du collectif français Éthique sur l’étiquette qui mène campagne, depuis 1995, en faveur du respect par les sociétés transnationales, des normes internationales du travail tout au long de leurs chaînes de valeur, et pour un encadrement contraignant de leur activité.

    Nayla Ajaltouni, déléguée générale d’Éthique sur étiquette précise que depuis de nombreuses années, ce collectif a mis en évidence l’existence de violations massives des droits fondamentaux au travail dans le secteur mondialisé du textile-habillement, résultant de l’absence de cadre international imposé aux multinationales quant aux impacts sociaux et environnementaux de leur activité y compris à travers leurs fournisseurs et sous-traitants.

    L’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en avril 2013 en a été l‘illustration la plus grave. Cet accident, dans lequel 1138 ouvrier·e·s de l’habillement ont péri et plus de 2000 ont été blessés a agi comme un accélérateur des travaux engagés par le Collectif au sein d’une coalition large d’acteurs de la société civile (ONG syndicats, parlementaires, universitaires) visant à introduire une responsabilité juridique des grandes entreprises pour les impacts sociaux et environnementaux sur l’ensemble de leurs relations d’affaire. Cette mobilisation s’est traduite par l’adoption, en 2017, de la loi française sur le devoir de vigilance. Cette loi encore pionnière à ce jour a abouti à l’engagement de travaux pour l’élaboration d‘une directive européenne sur le devoir de vigilance, en discussion actuellement. La récente loi française a aussi inspiré les travaux relatifs au « Traité sur les multinationales et les droits humains », également en cours de discussion à l’ONU.


    Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre du projet Development Engagement Lab. Information et méthodologie disponible ici.

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