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    Une majorité de Français·es en faveur d’un maintien ou d’une augmentation de l’aide publique au développement

    Publié le 08/01/2026.

    50 %, c’est la proportion de Français·es qui souhaitent un maintien ou une augmentation de l’aide au développement à destination des pays les plus pauvres, un soutien qui tend à diminuer depuis plusieurs mois.

    En comparaison avec 2013, les Français·es sont plus nombreux à être en faveur d’une augmentation de l’aide publique au développement. La mesure de ce soutien est passée de 18 % en décembre 2013* à 20 % en octobre 2025, avec un pic à 37% en février 2020.

    Cette évolution est parallèlement renforcée par une dynamique de baisse entre 2013 et 2025 du nombre de Français·es souhaitant que le gouvernement français diminue le montant alloué à l’aide au développement (43 % en décembre 2013 / 36 % en octobre 2025).

    En observant les données collectées entre janvier 2025 et octobre 2025, on remarque que les personnes interrogées en France sont moins nombreuses à soutenir le principe de l’APD : il y a une érosion de ceux qui veulent une augmentation de l’APD (-5 points), et une augmentation de ceux qui souhaitent une diminution (+9 points).

    Ces opinions tiennent compte du fait que la question posée intègre la réalité chiffrée de l’aide versée par la France à destination des pays en développement (14,3 milliards / 0,48 % du PIB). Un montant qui, ainsi énoncé en préalable, apparait nécessairement dérisoire au regard du montant du PIB mentionné dans la question (2 988 milliards d’euros).

    Depuis juin 2020, on note un fléchissement discontinu du pourcentage des Français en faveur d’une augmentation de l’APD, associé à une augmentation de ceux qui souhaitent une diminution de l’APD. En octobre 2023, pour la première fois les personnes interrogées qui souhaitent une augmentation ont croisé celles qui veulent une diminution dans les mêmes proportions (26 %). Il est difficile d’interpréter ces fluctuations. Gardons en tête que cette érosion des opinions en faveur d’une plus grande solidarité de la France à l’égard des pays en développement avait coïncidé avec la pandémie de Covid-19. Cette corrélation n’étant pas une causalité, elle ne doit pas faire oublier que parallèlement, lorsque la question du partage des vaccins disponibles leur avait été posée, les Français se sont montrés très en faveur d’une solidarité internationale, en l’occurrence en matière de santé. Massivement, ils s’étaient prononcés en désaccord avec tout privilège vaccinal et très en faveur, dans un contexte de pénurie de vaccins, d’une vaccination prioritaire de toutes les personnes vulnérables dans tous les pays du monde.

    En regardant de plus près l’évolution des opinions des Français·es en faveur d’une augmentation de l’aide, on remarque trois dynamiques dessinant trois tendances :

    Quelles hypothèses retenir pour tenter d’expliquer cette évolution ?

    *Précision : Les résultats obtenus entre septembre 2013 et juillet 2018 sont issus du projet de recherche Aid Attitudes Tracker (AAT) tandis qu’ à partir de mai 2019, les résultats relatifs à cette même question sont issus du projet Development Engagement Lab (DEL). Si ces deux études sont suffisamment similaires pour montrer l’évolution des réponses obtenues, elles reposent cependant sur deux méthodes d’échantillonnage un peu différentes, susceptibles d’expliquer, en partie, l’évolution des résultats entre AAT et DEL à partir de mai 2019.

    L’orientation politique est une donnée essentielle quand il s’agit de soutenir les efforts du gouvernement vers davantage d’aide ou au contraire vers une réduction du montant de l’aide. Respectivement, plus les répondant·es se déclarent à gauche et plus ils sont nombreux à être en faveur de l’augmentation (ou d’un maintien) de l’aide internationale, tandis que dans les mêmes proportions, la droite est le marqueur d’une volonté de réduire l’aide.

    Plus en détail, en octobre 2025, l’opinion des sympathisant·es de gauche en faveur d’un maintien ou d’une augmentation de l’APD (68 %) n’est pas très éloignée de celle des sympathisant·es du centre (61 %). Cette opinion en faveur de l’APD est nettement moins partagée par les personnes qui se déclarent de droite (44 %) et encore moins par ceux qui se déclarent « très à droite » (23 %). Les sympathisants du centre sont beaucoup moins nombreux (-18 points) que ceux de gauche à souhaiter une augmentation, mais ils sont également plus nombreux à souhaiter un maintien (+11 points). Quand on regarde les proportions de ceux qui souhaitent une augmentation (indépendamment de ceux qui souhaitent un maintien), les écarts entre ces opinions sont encore plus marquants.

    Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre des projets Aid Attitudes Tracker et Development Engagement Lab qui mesure l’évolution des opinions et comportements sur les enjeux de solidarité internationale dans quatre pays.

    Pour aller plus loin
  • Le projet DEL : Development Engagement Lab
  • La France revient sur ses engagements en matière d’aide publique au développement
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