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    «  La politique étrangère féministe pour atteindre les objectifs de développement durable  » : décryptage du nouveau rapport de l’Institut du Genre en Géopolitique

    Publié le 01/03/2023.

    La succession récente des crises mondiales a révélé la fragilité de certaines avancées en matière de droits humains et de développement durable, qui ont particulièrement impacté les femmes.

    Si depuis 2015, plusieurs États se sont engagés à adopter une politique étrangère féministe – ou diplomatie féministe – on assiste malgré tout à un recul inquiétant de leurs droits dans de nombreux pays.



    C’est dans ce contexte et à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars que l’Institut du Genre en Géopolitique (IGG) dévoile son rapport «  La politique étrangère féministe pour atteindre les objectifs de développement durable  » pour présenter des recommandations et des pistes d’améliorations de l’actuelle politique étrangère féministe de la France, afin qu’elle réalise pleinement son potentiel transformateur.

     

     

    La politique étrangère féministe française : forces, faiblesses et opportunités

    Le rapport de l’Institut du Genre en Géopolitique pointe l’absence d’une définition claire de la politique étrangère féministe de la France et d’un suivi de son agenda. Bien que le rapport mette en avant son caractère pragmatique et un portage politique de haut niveau pour les droits des femmes, le manque d’un cadre théorique clair en limite sa portée.

    Cette politique est également basée sur un « féminisme libéral », fondé principalement sur l’amélioration des droits des femmes à travers le marché et le système économique capitaliste, plutôt que sur une logique permettant un changement systémique.

    L’absence de consensus international sur une définition commune de la politique étrangère féministe rend difficile une action conjointe des États. En France, le manque de moyens humains et financiers pour promouvoir l’égalité de genre à l’international est souvent pointé du doigt, ainsi qu’un manque de formation et de sensibilisation auprès des membres du gouvernement.

    Le rapport félicite les initiatives que la France a mis en oeuvre sur ces sujets, mais regrette l’absence d’une politique étrangère féministe explicite et systématique, transversalisée dans l’ensemble des sujets relatifs à la politique extérieure.

     

    Le genre dans les ODD

    En septembre 2015, les dirigeant·e·s de 189 États se réunissaient au siège des Nations unies à New York afin d’adopter 17 Objectifs de développement durable (ODD) à atteindre d’ici 2030, couvrant les principaux aspects économiques, sociaux et environnementaux du développement durable, parmi lesquels, l’ODD 5 spécifiquement dédié à la promotion de l’égalité femmes-hommes.

    Le rapport met en lumière certaines limites de l’ODD 5 et de sa réalisation  : la faible intégration des notions de genre aux 17 ODD (la santé, les changements climatiques, l’éducation, etc.)  ; l’absence d’une mention claire des personnes LGBTI+  ; ou encore le manque d’ambition de certaines formulations.

    Les pistes de l’IGG pour articuler l’application d’une politique étrangère féministe et la réalisation des ODD 

    L’Institut du Genre en Géopolitique suggère de transformer l’approche actuelle de la politique étrangère féministe en y intégrant une approche holistique, humaniste, intersectionnelle et transversale, en mettant en avant les droits humains et en déconstruisant des rapports de pouvoir ancrés dans le patriarcat et la lutte contre toutes les formes de discriminations.

     

    Définir la politique étrangère féministe de la France sur la base d’une approche évolutive, postcoloniale, holistique et intersectionnelle

    Le rapport suggère que la politique étrangère féministe doit être évolutive et pragmatique, plus transversale et allant au delà de l’aide publique au développement.

    Pour se détacher du féminisme libéral, le rapport recommande une approche intersectionnelle et post-coloniale qui prend en compte les discriminations multiples auxquelles sont confrontées les personnes. Le rapport souligne l’importance de mener conjointement le combat féministe et la défense des droits des personnes LGBTI+.

     

    Opter pour une solution multilatérale  en adoptant une politique étrangère féministe transversale qui inclut des stratégies ciblées dans plusieurs domaines

    Pour les auteures, la politique étrangère féministe doit d’abord advenir au sein des instances internationales ou européennes en faisant de la France un pays instigateur de projets et de programmes.

    Le rapport propose des mesures dans plusieurs autres domaines, notamment l’économie  et les relations commerciales, en suggérant la mise en place de politiques sociales et d’un féminisme intersectionnel  et moins libéral ; dans le cadre de la résolution des conflits, l’atteinte de la paix et le désarmement, pour augmenter la participation des femmes lors de négociations de paix ; mais aussi dans le domaine du numérique, des migrations, etc.

     

    L’importance d’une intégration pleine et entière de la société civile et du secteur privé pour une politique étrangère féministe concrète et efficace

    L’Institut du Genre en Géopolitique appelle l’État français à aller plus loin dans le financement de changements concrets à court et long terme, notamment à travers l’aide publique au développement genrée mais aussi en accordant un soutien financer plus important aux organisations féministes françaises.

    Cela passe également par une intégration du secteur privé, et une plus grande implication des organisations de la société civile et de la recherche (think tanks, ONG, observatoires, etc) afin de nourrir et adapter sa politique étrangère féministe à partir de leurs priorités et revendications.

     

     

    Découvrez l’intégralité du rapport de l’Institut du Genre en Géopolitique.

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