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Baromètre de la Solidarité Internationale n°3

Publié le 27 octobre 2018 dans Sondages

Perception des français sur l’égalité entre les sexes en France et dans les pays en développement

Cette troisième édition du Baromètre de la solidarité internationale fait le point sur les perceptions des français sur l’égalité entre les sexes en France et dans les pays en développement.

L’égalité entre les femmes et les hommes apparaît comme une opinion largement partagée en France.

Cependant, lorsqu’il est question d’encourager cette égalité dans les pays en développement, des divergences émergent, opposant les défenseurs d’un principe universel à ceux qui redoutent un phénomène d’ethnocentrisme.

Et si le mieux était l’ennemi du bien ?

Le Baromètre de la solidarité internationale est issu du projet Aid Attitudes Tracker, un sondage en ligne réalisé deux fois par an en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et aux Etats-Unis par l’institut YouGov et financé par la Fondation Bill & Melinda Gates depuis 2013. Cette recherche comparative est menée par Jennifer van Heerde-Hudson (UCL) et David Hudson (Université de Birmingham).

L’égalité entre les sexes : un état de fait ?

43% des français estiment que les femmes et les hommes sont égaux en France, tandis que 33% pensent le contraire. Les hommes sont plus nombreux (42%) que les femmes (25%) à reconnaître cette égalité comme un fait établi.

C’est en France que les citoyens sont les plus nombreux (43%) à reconnaître des inégalités entre les femmes et les hommes contre 36% en Allemagne, 32% aux États-Unis et 25% au Royaume-Uni.

L’égalité entre les sexes – une chose juste et un investissement pertinent

76% des français estiment qu’il est « juste » de lutter contre l’inégalité des sexes. La référence à une valeur « d’équité » fonctionne comme un ressort positif. Cette opinion est partagée quels que soient le sexe ou les orientations politiques. De façon contre-intuitive, les jeunes de moins de 25 ans sont moins nombreux (78%) que leurs ainés de plus de 50 ans (84%) à reconnaître que lutter contre l’inégalité des sexes à travers le monde est une chose juste.

67% des français estiment la lutte contre l’inégalité des sexes à travers le monde est un investissement pertinent. Il ne s’agit plus d’un questionnement basé sur des valeurs, mais bien d’une collecte d’opinions qui reposent sur une dimension pragmatique exprimant un souci d’« efficacité ».

L’égalité entre les sexes au niveau professionnel : le salaire des femmes

Selon l’INSEE, en 2014, le revenu salarial moyen des femmes travaillant dans le secteur privé et la fonction publique était inférieur de 24% à celui des hommes. Cette réalité est perçue par 85% des femmes et par 72% des hommes. Sur cette question, les opinions des électeurs d’Emmanuel Macron (85%) au premier tour des présidentielles, sont similaires à celles des électeurs de Jean Luc Mélenchon (84%) et celles de Benoit Hamon (86%)

Selon le rapport Global Gender Gap Index 2017, les inégalités de salaire entre les hommes et les femmes selon les pays, suivent un ordre quasi-opposé à la perception qui en est exprimée. La France est moins inégalitaire en la matière (les femmes touchent en moyenne 74% du revenu d’un homme) que l’Allemagne (68%), les États-Unis (65%) et le Royaume-Uni (55%). C’est pourtant en France que les citoyens sont les plus nombreux à percevoir une différence de salaire entre femmes et hommes, puis en Allemagne, au Royaume-Uni puis aux États-Unis.

Dans ces quatre pays, France, Allemagne, Royaume-Uni et Etats- Unis, 40% des répondants hommes et femmes confondus, se retrouvent derrière l’idée que les hommes se sentent menacés par la performance des femmes.
75% des français, hommes et femmes confondus, reconnaissent que les congés payés devraient être accordés de façon équitable aux pères et aux mères à la naissance de leurs enfants.

Les violences faites aux femmes

Concernant le rôle des organisations internationales, lutter contre les violences faites aux femmes est une priorité plébiscitée devant toute autre thématique comme s’il s’agissait de répondre à une urgence.

Les français sont davantage sensibilisés aux symptômes défavorables aux femmes (les violences subies), qu’à la correction des causes identifiées comme positionnant les femmes sous la domination des hommes (formation des hommes à l’égalité des sexes, représentation des femmes en politique, accès des femmes à une vie professionnelle, etc.)

Promouvoir les droits des femmes – une cause en concurrence avec d’autres

53% des répondants souhaitent que le droit des femmes soit une priorité de l’aide de la France à destination des pays pauvres. C’est dans la catégorie des plus de 50 ans que les droits des femmes sont le plus fortement perçus comme devant constituer une priorité de l’aide de la France. Cette question du droit des femmes est peu clivante d’un point de vue politique, sauf chez les sympathisants du Front national.

Lorsque la question posée interroge le « soutien à l’émancipation des femmes » au lieu de s’appuyer sur l’expression « droits des femmes », les opinions des français sont sensiblement les mêmes.
Parmi les priorités de l’aide publique de la France, lutter contre la faim recueille le plus d’opinions favorables. Vient ensuite l’accès à l’éducation (2ème priorité), l’accès à la santé (3ème priorité), l’émancipation des femmes (4ème priorité) et enfin, les crises humanitaires (5ème et dernière priorité).

Quand promouvoir l’égalité entre les sexes génère des craintes d’ethnocentrisme

Promouvoir l’égalité des sexes de par le monde est un projet qui donne lieu à des opinions très partagées entre :

- ceux qui craignent que le principe d’égalité des sexes soit une problématique pensée au nord et imposée au sud par le nord (une opinion plutôt masculine et plutôt de droite)

- ceux qui perçoivent l’égalité des sexes comme un principe fondamental donc universel (une opinion plutôt féminine et plutôt de gauche).

Dans tous les cas de figure, ceux qui estiment que les projets de développement visant à l’égalité des sexes sont davantage portés par l’imagination de femmes occidentales que par l’intérêt des femmes des pays pauvres, sont toujours moins nombreux que ceux qui pensent le contraire.

C’est au moins ce que révèle la distribution des réponses à la question ci-dessous qui force volontairement le trait pour mieux saisir le ressenti des personnes interrogées sur une question lointaine du quotidien du plus grand nombre.


Documents à télécharger

Baromètre de la solidarité internationale n°3 International Development Barometer No 3 (Gender Equality)