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    Diplomatie féministe : quelle place pour les femmes dans le corps diplomatique français ?

    Publié le 08/03/2023, modifié le 26/01/2026.

    La participation des femmes dans tous les domaines de la vie publique est une composante essentielle de l’égalité femmes-hommes, comme l’a mis en avant le Forum Génération Égalité qui s’est tenu au Mexique et en France en 2021. Pourtant et malgré l’impact positif de la participation des femmes en politique, notamment sur la réalisation des Objectifs de développement durable, elles restent sous-représentées dans la plupart des organes de décisions : en janvier 2025, elles ne représentaient en moyenne que 27 % des parlementaires dans l’ensemble des pays du monde.

    La France, en s’engageant en 2018 à mettre en œuvre une diplomatie féministe, a fait de l’égalité entre les femmes et les hommes une priorité de sa politique étrangère. Au niveau national, la France a adopté dès le début des années 2000 des lois pour la parité en politique, qui ont contribué à l’augmentation de la part des femmes au Parlement : elles représentent 36 % des député·e·s depuis 2024, contre 12 % en 2002.

    La volonté de renforcer la parité au sein du corps diplomatique français fait partie des priorités de la diplomatie féministe de la France : les femmes sont essentielles à la mise en œuvre de cette politique et leur nomination à des postes à haute responsabilité permet d’envoyer un message fort à l’international. La graphique ci-dessous représente l’évolution de leurs nominations en tant qu’ambassadrices et consules depuis 1990 :

     

    Symbole de la diplomatie féministe, le nombre de femmes aux hauts postes du corps diplomatique français progresse à petit pas. Bien que le concours pour les postes diplomatiques ai été ouvert aux femmes en 1928, il a fallu attendre 1972 pour que la première femme ambassadrice soit nommée en France. Depuis, le nombre de nominations par année a cependant augmenté : entre 2001 et 2012, les femmes représentaient systématiquement au moins 10 % des ambassadeur·ice·s nommé·e·s chaque année, et au moins 20 % depuis 2013. L’année 2021 a vu une part record de femmes nommées ambassadrices, puisqu’elles représentaient 34 % des nominations totales à ce poste.

    En ce qui concerne les femmes consules, l’évolution depuis 1990 est également observable mais moins linéaire : elles représentaient 10 % des nominations en 1990, 12 % en 2011 et 25 % en 2022. Depuis 2018 et l’adoption de la diplomatie féministe française, les femmes représentent systématiquement au moins 20 % des personnes nommées à un poste de consul. En 2020, cette part s’élevait à 45 %, la plus haute jamais atteinte.

    En complément de l’évolution des nominations, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a mis en place plusieurs dispositifs visant à renforcer durablement l’accès des femmes aux postes à responsabilité dans le corps diplomatique. Cette politique s’appuie sur une gouvernance dédiée, animée par un réseau d’environ 230 référent·e·s égalité en administration centrale et à l’étranger, et sur le plan d’action pour l’égalité professionnelle 2024-2026, centré notamment sur l’accès à l’encadrement supérieur, la réduction des écarts de rémunération liés aux affectations à l’étranger et la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle.

    Les données les plus récentes indiquent une progression de la présence des femmes dans les fonctions de direction : en 2024, elles représentent 52 % des personnes nommées pour la première fois à des fonctions d’ambassadeur ou ambassadrice et 45 % du haut encadrement en administration centrale. Le ministère publie par ailleurs un index Égalité professionnelle, qui atteint 82 sur 100 pour l’année 2024, permettant de suivre les écarts de rémunération et de promotion, tout en identifiant des marges de progression, notamment concernant l’accès aux plus hautes rémunérations.

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