Édito
Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes instaurée par les mouvements féministes à l’issue de longues luttes aux quatre coins de la planète, est traditionnellement l’occasion de dresser un point d’étape sur les progrès réalisés en matière d’égalité de genre.
Sans nul doute, l’édition 2026 de la Journée internationale des droits des femmes n’aura rien d’une célébration. Elle s’impose comme un tournant, celui d’un recul inédit. Renforcement des mouvements anti-droits, attaques en règle vis-à-vis des politiques de diversité, équité et inclusion (DEI), expansion du Global Gag Rule et retrait des États-Unis des agences onusiennes promouvant l’égalité femmes-hommes et déclin historique du soutien financier de la communauté internationale en faveur de l’autonomisation des femmes constituent autant d’obstacles à l’atteinte de l’égalité de fait entre les êtres humains.
Au rythme des progrès actuels, 300 ans nous séparent de l’égalité femmes-hommes, alertent les Nations unies.
Ce retour en arrière sans précédent se manifeste dans la réalité quotidienne de millions de femmes. 78 millions de femmes en âge de procréer n’ont pas accès aux méthodes contraceptives de leur choix, une femme meurt toutes les deux minutes en raison de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement, une femme sur trois a déjà subi des violences conjugales ou sexuelles au cours de sa vie…
Face au backlash en cours, un mouvement international se mobilise – États, diplomates, parlementaires, ONG, mouvements féministes – pour garantir la réalisation des droits des femmes et des filles, identifier les stratégies anti-droits, élargir l’accès aux innovations en santé et éducation et promouvoir une diplomatie féministe à l’échelle mondiale.
Au-delà du 8 mars, la 70è Commission de la condition de la femme des Nations unies qui se tiendra à New York du 9 au 19 mars 2026, Women Deliver, la conférence mondiale des mouvements féministes organisée fin avril à Melbourne, et le G7 sous présidence française seront autant d’occasions pour reprendre le contrôle face aux reculs des droits des femmes.
Découvrez le dossier spécial de Focus 2030 « état des inégalités femmes-hommes dans le monde 2026 » qui, données et témoignages à l’appui, dresse un panorama des défis à relever et des leviers d’action à mobiliser pour faire de l’égalité une réalité concrète pour toutes et tous.
Sommaire
- Inégalités femmes-hommes : l’ampleur des défis en faits et chiffres
- Coupes budgétaires : des conséquences préoccupantes pour les populations et les organisations
- État des lieux des financements
- Soutien et attentes citoyennes
- Garantir et renforcer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles : perspectives sur la CSW70
- Campagnes, mobilisations des organisations de la société civile et publications
- Focus sur l’Espagne : pays hôte de la prochaine conférence sur les diplomaties féministes
- En savoir plus 📚
Inégalités femmes-hommes : l’ampleur des défis en faits et chiffres
Alors que quatre années seulement séparent la communauté internationale de 2030, date butoir pour l’atteinte des Objectifs de développement durable des Nations unies (ODD), l’égalité femmes-hommes demeure hors de portée. Si des avancées notables sont observées dans l’accès à l’éducation, à la santé ou en matière de participation politique, les progrès enregistrés demeurent fragiles et inégaux. Entre 2019 et 2022, quatre pays sur dix ont connu une stagnation ou un recul des droits des femmes, concernant plus d’un milliard de femmes et de filles.
Ces tendances contrastent avec le rôle central de l’égalité femmes-hommes dans l’Agenda 2030 : 73 % des 169 cibles des ODD en dépendent directement ou de manière significative. En effet, les inégalités se manifestent à toutes les étapes de la vie. À l’échelle mondiale, près d’une fille sur cinq est mariée avant ses dix-huit ans, et une femme sur trois a déjà subi des violences conjugales et/ou sexuelles au cours de sa vie.
Les écarts persistent également sur le marché du travail. Les femmes ne représentent que 39 % de la population active, restent surreprésentées dans les emplois les moins rémunérés et sont payées en moyenne 20 % de moins que les hommes. Seulement 4 % des femmes dans le monde vivent dans des pays leur garantissant des droits économiques quasiment égaux à ceux des hommes.
En outre, les conflits, la multiplication des chocs économiques et l’impact du changement climatique amplifient les inégalités existantes. Les femmes et les filles comptent ainsi parmi les populations les plus exposées à ces crises, et 351 millions d’entre elles pourraient toujours vivre sous le seuil de l’extrême pauvreté en 2030. Au rythme des progrès actuels, ONU Femmes estime que près de 300 ans seront encore nécessaires pour atteindre l’égalité femmes-hommes.
Coupes budgétaires : des conséquences préoccupantes pour les populations et les organisations
Les coupes dans l’aide publique au développement n’épargnent pas les financements alloués à l’égalité femmes-hommes : depuis janvier 2025, ils figurent même parmi les principales cibles de l’administration étasunienne, qui a procédé à des coupes historiques de ses financements à destination des droits et de la santé sexuels et reproductifs (DSSR). Selon les estimations du Center for Global Development (CGD), les financements des États-Unis à destination de la planification familiale et de la santé reproductive ont diminué de 94 % en 2025, une baisse qui devrait se poursuivre en 2026. Les États-Unis étaient jusque-là les premiers donateurs d’APD allouée aux DSSR (9,35 % de leur APD totale, soit 5,8 milliards de dollars) et représentaient plus de la moitié des financements mondiaux pour cet enjeu. En 2024, les États-Unis finançaient également 17 % du budget total du FNUAP, l’agence des Nations unies chargée de la santé sexuelle et reproductive, jusqu’à l’annonce de leur départ de l’organisation début 2026.
Les États-Unis ne sont pas un cas isolé. Les pays européens, qui apportaient plus d’un tiers des financements pour les DSSR en 2023, ont eux aussi engagé des coupes budgétaires. Selon Countdown 2030, cinq d’entre eux ont réduit leur contribution en 2025. C’est notamment le cas du Royaume-Uni, qui prévoit des coupes drastiques de son APD d’ici à 2028, qui pourraient entraîner jusqu’à 70 % de diminution de ses financements DSSR. Selon le Guttmacher Institute, cette seule décision pourrait engendrer jusqu’à 2,6 millions de grossesses non désirées, 875 000 avortements à risques et 2 740 décès maternels.
Focus sur le droit à l’avortement dans le monde en 2026
En 2026, l’avortement est autorisé sur demande dans 77 pays et dans 12 pays pour raisons socio-économiques. Ainsi, selon le Center for Reproductive Rights, 40 % des femmes dans le monde vivent dans des pays où la législation sur l’avortement est restrictive. Comme le rappelle l’ONG Amnesty International, quelle que soit la législation des pays, les femmes ont recours à l’avortement dans les mêmes proportions : 37 sur 1 000 lorsque la loi l’interdit, 34 sur 1 000 lorsqu’elle l’autorise. La différence est le danger pour la santé des femmes : les IVG clandestines sont la troisième cause de mortalité maternelle dans le monde.
Pour en savoir plus.
Les conséquences de ces coupes budgétaires sont alarmantes : accès à la contraception compromis, disparition de bases de données essentielles pour le suivi de la santé des femmes et des filles, remise en cause de politiques de sensibilisation et de programmes de recherche, suspension des activités des ONG, etc. Selon une étude menée par ONU Femmes auprès de 428 organisations de défense des droits des femmes, une organisation sur trois s’est vue contrainte de suspendre ou fermer ses programmes de lutte contre les violences basées sur le genre. L’existence même de ces organisations est compromise : seules 5 % d’entre elles estiment pouvoir poursuivre leurs activités pendant plus de deux ans.
S’il est encore trop tôt pour évaluer précisément l’impact de ces coupes sur les populations, des estimations ont d’ores et déjà été réalisées. Selon le Centre for European Policy Studies, la diminution du financement du FNUAP pourrait compromettre l’accès aux DSSR pour des dizaines de millions de femmes et de filles, dont 9 millions de personnes en Afghanistan, 1,7 million au Pakistan et 1,5 million de personnes au Yémen. Globalement, d’après les estimations du Guttmacher Institute, chaque diminution de 10 millions de dollars pour les DSSR engendre 362 000 grossesses non-désirées, 161 000 naissances imprévues, 110 000 avortements à risque et 718 décès maternels. En un an, ce sont approximativement près de 48 millions de personnes qui ont perdu leur accès à la contraception, 17 millions de femmes enceintes qui n’ont plus eu accès à des soins vitaux et 34 000 femmes supplémentaires qui sont décédées à la suite de complications pendant la grossesse. En cinq ans, jusqu’à 100 millions de personnes pourraient se retrouver sans contraception, ce qui mènerait à 55 millions de grossesses non désirées et 16 millions d’avortements à risque à travers 51 pays. Les populations les plus affectées seraient celles vivant en Tanzanie, en République Démocratique du Congo, en Ouganda et au Mozambique.
État des lieux des financements
Quels pays donateurs soutiennent l’égalité femmes-hommes dans leur aide publique au développement ?
En 2015, tous les pays se sont engagés à atteindre 17 Objectifs de développement durable (ODD) d’ici à 2030, dont l’ODD 5 visant l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles du monde entier. Mobiliser des financements suffisants, notamment dans les pays les plus vulnérables, constitue une condition sine qua non pour y parvenir.
L’aide publique au développement (APD) du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE constitue à cet égard une source de financement essentielle, bien que complémentaire à l’action des gouvernements des pays en développement. Pourtant, après cinq ans de hausse de leur budget alloué à la coopération internationale, les 32 pays membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE et l’Union européenne ont amorcé en 2024 un recul historique de leur APD, qui s’est élevée à 214,5 milliards de dollars, soit une baisse de 6 % par rapport à 2023. L’OCDE estime que l’APD des membres du CAD pourrait reculer de 18 % supplémentaires en 2025 (-40 milliards de dollars). La France figure parmi les grands pays donateurs opérant un retour en arrière, avec une baisse de 40 % de son budget dédié à l’APD entre 2024 et 2026.
Ce recul généralisé menace directement les financements en faveur de l’égalité femmes-hommes, dont ceux de la France. L’OCDE relève à ce titre une diminution notable des engagements des membres du CAD dès 2024.
En moyenne en 2023 et 2024, soit avant le revirement des États-Unis, les 32 pays donateurs du CAD et l’UE ont décaissé 60,7 milliards de dollars par an en faveur de projets promouvant l’égalité femmes-hommes, soit 44 % de leur APD bilatérale. Sur cette somme, 6,3 milliards étaient dédiés à des projets visant directement l’égalité femmes-hommes, et 54,4 milliards à des projets y contribuant de manière significative.
En volume, les donateurs ayant décaissé le plus d’APD en faveur de l’égalité femmes-hommes (Pays-Bas, Espagne, Islande, Irlande et Suède) ne sont pas les plus importants donateurs d’APD totale. Ce décalage met en évidence l’échec collectif à atteindre l’objectif international d’orienter au moins 85 % de l’APD en faveur de l’égalité femmes-hommes. En outre, seuls les Pays-Bas et l’Espagne ont consacré au moins 20 % de leur APD à la promotion directe de l’égalité.
En France, trois organisations philanthropiques sur quatre déclarent ne pas financer du tout, ou financer de façon minoritaire, des projets en faveur de l’égalité de genre. Dans les faits, seuls 7 % des fonds distribués par la philanthropie française visent l’égalité femmes-hommes. Ces données sont révélées dans une récente étude de la Coalition pour une Philanthropie Féministe, menée auprès de 127 structures philanthropiques en France. Entre montée des conservatismes et écarts entre discours et pratiques, l’enquête souligne notamment les causes de ces faibles investissements et propose des axes d’améliorations pour augmenter les financements à destination de l’égalité de genre.
Consulter la synthèse de l’étude.
Focus sur le G7
La contraction brutale de l’aide publique au développement fait peser un risque systémique sur le financement mondial de l’égalité femmes-hommes. Les pays du G7 concentrent 63 % des engagements d’APD genrée du CAD, soit 44,9 milliards de dollars US par an en moyenne sur la période 2023-2024 (avant le désengagement des États-Unis en 2025). Ces acteurs constituent les principaux pourvoyeurs de financements internationaux en faveur des droits et de l’autonomie des femmes. Ils assurent notamment 65 % des financements dédiés à la santé reproductive, 85 % à la planification familiale, 66 % aux mouvements féministes et 66 % à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.
Or, les coupes massives annoncées dans l’APD européenne, combinées au désengagement des États-Unis de la solidarité internationale et à la réactivation du Global Gag Rule, annoncent un choc brutal pour ces secteurs essentiels. Le retrait, voire la disparition, des principaux bailleurs mondiaux risque d’entraîner un effet domino, provoquant un recul historique des financements pour l’égalité de genre et compromettant directement l’atteinte des ODD et l’éradication de la pauvreté.
Alors que la France occupe la présidence du G7 en 2026, un engagement politique fort et assumé s’impose. Au titre de sa diplomatie féministe, la France dispose d’une responsabilité particulière pour mobiliser le G7 autour de la préservation et du renforcement des financements en faveur de l’égalité femmes-hommes, tout particulièrement en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs.
C’est pour s’assurer que ces ambitions se traduisent en engagements fermes que la société civile féministe s’organise à travers le Women 7 (W7). Espace de coordination internationale né en 2017, le W7 sous présidence française du G7 se donne pour mission de placer l’égalité de genre au cœur de l’agenda, ainsi que dans le livrable du Sommet. La coalition exhorte la France à faire de cette séquence un moment clé de remobilisation en faveur des droits humains et du multilatéralisme. Le W7 souligne également dans son Appel à l’action, l’importance cruciale d’obtenir une reconnaissance officielle du rôle fondamental des associations féministes, laquelle doit impérativement s’accompagner d’un maintien et d’un renouvellement de leur soutien financier par les États.
Les organisations féministes, en première ligne mais sous-financées
En 2023-2024, les membres du CAD de l’OCDE ont décaissé 784 millions de dollars par an en faveur d’organisations et mouvements féministes, soit 1 % de l’APD dédiée à l’égalité de genre, en dépit de leur rôle crucial sur le terrain.
Les réductions massives des financements internationaux menacent aujourd’hui le tissu associatif féministe mondial. Selon l’enquête At a breaking point d’ONU Femmes, 90 % des 411 organisations féministes actives dans 44 pays en crise subissent les effets de la baisse de l’aide. Plus de 60 % ont déjà dû réduire leurs interventions, tandis que 47 % risquent de fermer dans les six prochains mois. Parallèlement, 72 % des organisations ont dû licencier du personnel, fragilisant davantage leur capacité à soutenir les femmes et les filles, particulièrement touchées par les conflits et les crises humanitaires, du Myanmar à la Palestine, en passant par le Soudan et l’Afghanistan.
Ces contraintes financières s’ajoutent à une précarité structurelle : en 2023, les organisations féministes et de défense des droits des femmes disposaient d’un budget médian annuel de seulement 22 000 USD selon le rapport Where is the Money for Feminist Organizing? d’AWID. Derrière ce chiffre se cache une grande disparité : quelques organisations accèdent à des ressources importantes, mais la grande majorité survit avec des budgets très limités, ce qui accentue les inégalités et limite la portée de leurs actions.
Soutien et attentes citoyennes
Loin d’être marginale, l’égalité femmes-hommes constitue aujourd’hui une priorité politique pour les citoyennes et citoyens, en France et en Europe. En France, 60 % estiment que l’égalité n’est toujours pas atteinte et 67 % jugent qu’elle a stagné ou reculé dans le monde. Ce diagnostic s’accompagne d’un soutien massif à l’action internationale en faveur de l’égalité de genre : 71 % des Français·es soutiennent l’adoption d’une diplomatie féministe par la France, contre seulement 5 % qui déclarent s’y opposer, et 70 % jugent « important » que le gouvernement soutienne les organisations qui défendent les droits des femmes dans le monde. Cette attente n’est ni abstraite ni symbolique : une large majorité considère que s’attaquer aux inégalités de genre est « une bonne chose à faire » (69 %) et que l’aide au développement contribue concrètement à améliorer les droits et opportunités des femmes (80 %).
Ce soutien dépasse les frontières françaises : dans six pays partenaires de la France (le Brésil, le Bangladesh, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et l’Égypte), la majorité des citoyens interrogés jugent important que la France finance des organisations internationales œuvrant en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que l’accès à la contraception.
Plus encore, cet engagement se traduit dans les choix citoyens : un tiers des personnes interrogées en France se disent prêtes à voter pour des responsables politiques qui défendent l’égalité de genre à l’international. Autant de signaux clairs adressés à la France et à l’Union européenne : l’égalité femmes-hommes est perçue comme une priorité politique structurante, attendue à la fois dans les politiques nationales, la coopération internationale et l’action extérieure européenne.
Garantir et renforcer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles : perspectives sur la CSW70
Du 9 au 19 mars 2026, la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme (CSW70) réunira à New York gouvernements et organisations de la société civile autour d’un enjeu central dans un contexte international marqué par de profondes tensions et de multiples reculs en matière de droits des femmes. Placée sous le thème « Garantir et renforcer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles », cette session mettra au cœur des débats la nécessité de systèmes juridiques inclusifs et équitables, l’élimination des lois et pratiques discriminatoires et la levée des obstacles structurels qui entravent l’exercice effectif des droits. Un thème plus que jamais d’actualité, alors que les droits des femmes reculent dans de nombreuses régions du monde. Retrait des États-Unis d’ONU Femmes, baisse de l’aide internationale, réactivation du Global Gag Rule, remise en cause du multilatéralisme et réforme du système des Nations unies, envisageant une fusion entre ONU Femmes et le FNUAP (UNFPA), fragilisent les avancées durement acquises.
Dans ce contexte, une délégation de parlementaires français participera à la CSW70, l’occasion de porter une voix politique en faveur des droits et de la santé sexuels et reproductifs à l’international, et de réaffirmer le rôle central de la France au sein de la Commission de la condition de la femme, principal organe intergouvernemental mondial dédié à l’égalité de genre et à l’autonomisation des femmes.
Chaque année, les organisations de la société civile mobilisées autour des droits des femmes participent activement à la CSW, à la fois en mobilisant leur expertise au cours des discussions formelles de la Commission et en permettant la création d’un débat libre en dehors des sessions officielles. Découvrez tous les évènements parallèles sur le site de la CSW.
Focus 2030 a recensé plusieurs de ces événements :
- Le Fonds pour les Femmes en Méditerranée organise le 13 mars un événement soutenu par l’Alliance féministe francophone, qui se tiendra en présentiel de 17h à 20h30 au People’s Forum, à New York. Un panel de militantes d’Algérie, du Liban, de la France et du Maroc se réunira autour du thème « Accès à la justice pour les femmes en Méditerranée », suivi d’une projection d’un film réalisé par le Journal Féministe Algérien et d’une réception avec performance artistique. Inscriptions.
- Le Planning Familial organise deux événements parallèles en présentiel :
- Le 11 mars de 8h30 à 10h à la Salvation Army (NYC) : « Deux ans après la victoire constitutionnelle française : se mobiliser durablement pour le droit à l’avortement et les DSSR dans les cadres nationaux et internationaux »
- Le 12 mars de 8h30 à 10h au Church center (NYC), avec Batik international : « Lever les barrières à la justice : réponses féministes pour un accès effectif, équitable et sécurisé aux droits »
- Co-organisé par l’UNICEF, le gouvernement espagnol et le Groupe de travail mondial sur l’ODD 16+ Justice pour les enfants, l’événement « Reimagining Access to Justice for Girls » se tiendra le 12 mars, à 9h (heure de New York). L’événement est accessible en ligne et en présentiel à la salle de conférence de l’UNICEF Danny Kaye à New York. Inscriptions.
- Plusieurs événements seront également animés par Ipas, dont une session qui analysera les cadres juridiques encadrant la santé sexuelle et reproductive en Afrique. Organisé en présentiel, l’événement se tiendra le 9 mars de 14h à 17h aux locaux de la FJS Foundation. Inscriptions.
Campagnes, mobilisations des organisations de la société civile et publications
Focus sur l’Espagne : pays hôte de la prochaine conférence sur les diplomaties féministes
L’Espagne s’affirme comme un pays moteur des politiques étrangères féministes, traduisant son engagement historique en faveur de l’égalité de genre en actions concrètes sur la scène internationale : après l’adoption officielle d’une politique étrangère féministe en 2021, le gouvernement espagnol a publié en décembre 2025 sa nouvelle Stratégie de coopération féministe, cadre de référence pour l’ensemble de sa coopération internationale (développement, action humanitaire, coopération multilatérale et financière).
La stratégie espagnole pour une coopération féministe s’articule autour de plusieurs axes, parmi lesquels :
- La défense des droits humains des femmes et des filles, y compris les droits et la santé sexuels et reproductifs ;
- La lutte contre toutes les formes de violences et de discriminations fondées sur le genre, en s’attaquant à leurs causes profondes ;
- Le renforcement du pouvoir d’agir, de la participation et du leadership des femmes et des mouvements féministes, en particulier dans les espaces de décision ;
- L’intégration d’une approche féministe transversale dans l’ensemble des politiques, instruments et pratiques de la coopération internationale ;
- La mobilisation de financements, notamment flexibles, pluriannuels et accessibles, adaptés aux réalités des organisations féministes locales .
Après la France en 2025, l’Espagne accueillera en 2026 la 5ᵉ conférence internationale sur les diplomaties féministes, un évènement visant à fédérer les États engagés, partager les bonnes pratiques, renforcer les mécanismes de redevabilité et renforcer les alliances autour d’une diplomatie qui place les droits humains et l’égalité de genre au centre de l’action extérieure.
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🔎 Les analyses de Focus 2030
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- 🔗 Analyse : Baisse historique de l’aide publique au développement en 2024
- 🔗 Espagne : De la diplomatie féministe à l’action (nouvelle stratégie 2026)
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