Focus 2030
Abonnez-vous à la newsletter  |  fr  |   | 
fr    

22 mai : Rejoignez la journée mondiale de la solidarité !

Publié le 24 avril 2020 dans Actualités

#StrongerTogether

Face à la crise du COVID-19 nous avons besoin d’une action multilatérale à l’échelle de la planète. Nous devons protéger tout le monde, partout, et veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte. Les citoyens du monde entier unissent leurs forces pour montrer que nous sommes plus forts ensemble #StrongerTogether.

Ce 22 mai, rejoignez la journée mondiale de la solidarité, en partageant cette vidéo sur vos chaînes.


Pour passez à l’action, rejoignez la campagne ici


Les organisations de la société civile signent une Déclaration conjointe

Face à la l’émergence d’une crise économique, sociale et sanitaire mondiale résultant de l’épidémie de COVID-19, plus de 30 organisations nationales et internationales engagées dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités, pour l’égalité femmes-hommes, le respect des droits humains, la lutte contre les dérèglements climatiques, lancent un appel à la mobilisation citoyenne et politique.

Ce texte cosigné par Focus 2030, Global Citizen, Oxfam, Women Deliver, Global Call to Action Against Poverty et de nombreuses autres organisations appelle à l’action et à la vigilance : la résolution de cette crise sanitaire ne doit pas se faire au détriment de l’égalité femmes-hommes, du respect des libertés publiques, de la justice climatique et environnementale.

Nos organisations interpellent donc les Nations Unies et les décideurs politiques et bailleurs de fonds et demandent la mise en place de 12 mesures pour limiter les conséquences sociales, économiques et environnementales de la pandémie.



Pour soutenir la déclaration, cliquez ici

Déclaration conjointe d’organisations de la société civile

15 avril 2020


Le monde fait face à une crise sans précédent. La pandémie de COVID-19 met à l’épreuve la capacité de résilience de l’Humanité tout entière et a de profondes implications sur l’ensemble du tissu social, économique et environnemental de notre planète.

La pandémie affecte tout particulièrement les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et celles ayant des antécédents de santé. Elle met en exergue la nécessité d’adopter une approche intégrée pour s’assurer que les systèmes de santé soient financés à hauteur des besoins et adaptés aux personnes de tous âges. Nous faisons face à une situation d’urgence sanitaire qui met en lumière la fragilité et les inégalités sous-jacentes de nos sociétés. Cette pandémie nous rappelle avec force la nécessité de systèmes de santé plus solides, l’impératif d’un accès universel au droit à la santé et à la protection sociale et la prise en compte du développement durable à plus long terme, conformément aux Objectifs de développement durable.

Nous sommes convaincus que les organisations de la société civile et les citoyens engagés ont un rôle déterminant à jouer sur le terrain. Et il faut s’assurer que les plus marginalisés ne soient pas, une fois de plus, laissés pour compte dans cette période difficile. Nous observons à ce titre que nombre de citoyens se mobilisent à travers le monde pour contribuer à ce que les personnes affectées reçoivent les denrées alimentaires de base, les fournitures médicales nécessaires ainsi que les biens essentiels à leur survie.

Afin de nous inspirer des meilleures pratiques et les valoriser, nous allons identifier les réponses apportées par les citoyens de différents pays et partager les actions de ces véritables héros qui agissent en première ligne pour répondre à l’urgence. Nous comptons pour autant sur les dirigeants de nos pays pour prendre un certain nombre de mesures qui s’imposent afin de bâtir un avenir plus juste, déclinées comme suit :

Inégalités

La riposte mondiale à la pandémie ne doit laisser personne de côté. Nous appelons les Nations Unies et les gouvernements du G20 à soutenir une action multilatérale mobilisant les fonds nécessaires à l’OMS et aux gouvernements nationaux pour garantir l’accès universel et gratuit à la santé, à l’aide sociale et à toutes les formes de soutien nécessaires, pour ceux qui sont directement affectés dans toutes les régions du monde. Ce soutien doit bénéficier à toutes et tous, indépendamment du statut juridique, de l’âge, du sexe, de la situation de handicap ou de l’identité des individus, sans crainte d’expulsion, de détention, de criminalisation, d’exploitation ou d’abus ; cette action doit être transparente, inclusive, équitable et assujettie à l’obligation de rendre des comptes.

Nous demandons l’annulation immédiate de la dette, des mécanismes financiers pour alléger le fardeau financier des États et un plan d’investissement d’aide accrue pour financer les services sociaux et de santé partout dans le monde, afin de garantir des services de santé universels et gratuits pour tous. Nous lançons un appel en faveur de politiques financières audacieuses, notamment via les banques centrales qui devront allouer des ressources et des liquidités aux gouvernements de manière coordonnée pour financer leurs efforts et répondre à la crise dans ses dimensions économiques et sociales.

Nous demandons également aux Nations Unies et aux gouvernements d’identifier de toute urgence les mesures pour soutenir les personnes se trouvant dans des conditions économiques précaires, à travers la création d’un fonds mondial de relance et en assurant la pleine mise en œuvre des prestations universelles de protection sociale et de filets de sécurité dans tous les pays, notamment en établissant et en soutenant des socles de protection sociale.

Droits civiques

Nous nous inquiétons que des mesures d’exception soient mises en oeuvre sans discernement pour restreindre les libertés fondamentales des populations, pour réduire les conditions d’un débat public éclairé et pour limiter l’administration des soins de santé et sociaux auprès des citoyens vulnérables, en raison de leur âge ou de leur handicap. Certains gouvernements ciblent délibérément les lanceurs d’alerte et ceux qui partagent activement des informations sur les insuffisances dans la réponse à la propagation du COVID-19 ou d’autres défenseurs des droits humains. L’utilisation de pouvoirs de surveillance renforcés pour restreindre les libertés civiques est un défi majeur qui doit faire l’objet d’une attention extrême.

Chacun a droit à la santé et à ne pas subir de discrimination tout au long de sa vie. En temps de crise, des choix difficiles devront selon toute vraisemblance être pris pour déterminer qui sera prioritaire dans l’accès aux soins médicaux. Nous rappelons aux gouvernements que les décisions relevant de l’accès aux traitements devront être fondés sur les besoins médicaux, les preuves scientifiques et des principes éthiques, tels que l’équité et la proportionnalité.

Nous rappelons à tous les gouvernements que toute restriction de déplacement et de rassemblement doit respecter les engagements internationaux en matière de droits humains et les conventions internationales afférentes. Les mesures prises doivent être temporaires, faire l’objet d’un examen régulier, être nécessaires et proportionnées face au risque évalué, et doivent contribuer à la sûreté publique tout en respectant les libertés fondamentales. Nous soutenons également l’appel de l’ONU en faveur d’un cessez-le-feu mondial durant l’épidémie ; nous appelons les gouvernements à alléger les sanctions en cours dans certains pays pour faciliter l’assistance humanitaire en faveur des populations vulnérables ; et réallouer les dépenses militaires à la protection sociale.

Nous appelons également l’ONU à défendre la liberté d’expression de ceux qui contribuent à couvrir et mettre en débat les difficultés rencontrées par les personnes atteintes du COVID-19, quelles que soient leurs origines.

Droits des Femmes et équité de Genre

Les femmes jouent un rôle prépondérant dans la réponse au COVID-19. À l’échelle mondiale, elles représentent 70% des ressources humaines en santé et compte tenu de leur place importance dans la gestion de cette crise sanitaire, elles doivent être protégées et soutenues de manière suffisante, appropriée et juste pour faire face aux multiples impacts de cette crise. Nous appelons donc les gouvernements à s’assurer que les personnels de santé et les travailleurs sociaux soient correctement formés, équipés, aient accès à des conditions de travail sûres et décentes ; et qu’ils et elles soient suffisamment rémunérés, en réduisant notamment l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes, qui s’élève à 28% dans le secteur médical, ce, à travers la mise en place immédiate d’un salaire égal à travail égal.

Les gouvernements doivent également reconnaître et prendre en considération la répartition, traditionnellement genrée des rôles et la manière dont elle affecte différemment femmes et hommes de tous les âges dans la gestion de la crise du COVID-19. À l’instar des épidémies qui ont eu lieu par le passé, nous constatons que les femmes et les filles sont davantage amenées à prodiguer les soins aux membres malades de la famille, ce qui les expose plus au risque d’infection.

Les urgences sanitaires passées ont perturbé les services de santé de base : l’accès aux produits et services de santé sexuelle et reproductive, l’accès aux programmes de vaccination et aux fournitures de soins matériels de qualité. Ces perturbations ont eu de graves conséquences pour des millions d’individus. Aussi, nous appelons les gouvernements à assurer la continuité des prestations des soins essentiels, en renforçant leurs systèmes de santé, les soins de santé primaires et en garantissant un système de couverture universelle, qui incluent l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive.

Nous constatons déjà une hausse significative des violences basées sur le genre (touchant de manière disproportionnée les femmes et les filles), parmi lesquelles la violence domestique en confinement, le harcèlement sexuel, de rue et au travail, les discriminations raciales, des stratégies d’adaptation contreproductives, de violence étatique, alors même que les mesures prises se concentrent sur les réponses d’urgence, mettant la vie des femmes et des enfants en danger. Nous appelons les gouvernements à accroître d’urgence la priorisation et le financement pour prévenir et répondre aux violences basées sur le genre (VBG). Une approche à deux volets doit être adoptée pour : 1) financer des organisations spécialisées dans la lutte contre les VBG et soutenir des initiatives de prévention, des refuges, des permanences téléphoniques, un soutien psychosocial et juridique ; 2) adopter une approche multisectorielle en intégrant l’élimination de la VBG dans les réponses au COVID-19.

Nous recommandons que tout financement en lien avec le COVID-19, dont le Fonds COVID de l’ONU, adopte la prise en considération de l’égalité femmes-hommes et un marqueur genre afin que nous puissions assurer le suivi et contrôler la mise en œuvre des activités et les implications qu’elles auront sur la promotion de l’égalité de genre. Nous rappelons aux gouvernements l’importance de respecter les engagements financiers et politiques pris en faveur de la santé et les droits des filles et des femmes, et d’empêcher que les inégalités ne s’accentuent durant cette période. Les acquis durement obtenus pour l’égalité entre les femmes et les hommes ne doivent pas réduits à néant à cause de cette crise, raison pour laquelle il importe d’appliquer un marqueur genre à tous les fonds alloués.

Justice Climatique et environnementale

L’émergence et la propagation de pandémies sont exacerbées par plusieurs facteurs : l’augmentation des contacts entre humains et animaux sauvages causée par la disparition de leurs habitats, les déplacements liés au réchauffement climatique et la circulation des êtres humains et des animaux ainsi que par des pratiques telles que les marchés d’espèces sauvages et leur commerce illicite.

Le COVID-19 émerge alors que la nature est sous pression et le sort des animaux peu considéré. Il a été avancé que le virus est « le signal d’alerte de la nature envers l’Humanité ». Les animaux sont, non seulement, traités avec peu d’attention, mais le niveau accru de déforestation contribue à multiplier les liens entre les activités humaines et le monde naturel ; la biodiversité subissant ainsi des agressions quotidiennes. Nous travaillerons avec nos partenaires de la société civile à partager des approches plus protectrices de la nature et de la biodiversité après la reprise post-pandémie COVID-19.

Nous appelons l’ONU à réexaminer et prendre des mesures urgentes pour interdire le commerce d’animaux sauvages et nous demandons également que tous les gouvernements mettent, enfin, un terme à la déforestation.

Les mesures de relance économique devront s’assurer que l’économie du futur soit durable et équitable, n’accordent pas de subventions aux industries fondées sur les énergies fossiles et créer des millions d’emplois durables. Les gouvernements adoptent actuellement d’importants plans de relance budgétaire et de relance économique, et certains pays élaborent dès à présent la Phase 2 de leur réponse à la crise. Tout comme le dit le Secrétaire Général des Nations Unies, nous devons nous relever de cette crise par le haut au moment même où il existe un risque majeur de revenir au status quo en matière d’émissions carbone Les Objectifs de développement durable (ODD) constituent une feuille de route essentielle à l’avenir que nous voulons, et cette pandémie nous a appris que la cohérence entre politiques publiques et l’accent mis sur l’engagement de ne laisser personne de côté devrait guider notre action.

Les gouvernements se concentrent à juste titre sur l’urgence immédiate, mais au moment de concevoir de futurs plans de relance et de sauvetage, ils doivent absolument veiller à inclure des engagements et des mesures qui permettront à chaque pays de respecter ses obligations au titre de l’Accord de Paris afin que les émissions mondiales de gaz à effet de serre n’augmentent plus jamais, mais au contraire, continuent de diminuer année après année jusqu’à atteindre la neutralité carbone, et contribuant à un réchauffement global limité à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels.

Repartir sur de bonnes bases

Nous devons être prêts et déterminés à repartir sur de bonnes bases, guidés par les principes et les engagements des Objectifs de développement durable fondés sur des valeurs d’universalisme, de coopération, de respect des droits humains, de prise en compte de nos interdépendances et la promesse de ne laisser personne de côté. Des politiques publiques qui favorisent le bien-être tout au long de la vie fondées sur le respect des droits humains et sur la cohésion entre les générations seront nécessaires pour garantir les revenus, la meilleure santé possible, des logements décents, la sécurité et le respect des droits pour les personnes de tous âges.

Le monde a besoin d’un profond plan de relance économique qui nécessitera de passer un nouveau contrat social entre les individus, les gouvernements et les marchés, et qui soit en mesure de réduire de manière radicale les inégalités, de genre notamment, en jetant les bases d’une économie plus juste, plus équitable et plus durable bénéficiant à tous et tout au long de la vie.


Pour résumer, nous demandons la prise en considération des 12 mesures suivantess


Que les Nations Unies :

  • Prennent en considération toute d’action d’urgence et de relance à plus long terme avec les acteurs soutenus en s’assurant de la prise en compte de l’impact des actions menées sur les femmes (marqueur genre), les populations marginalisées, les organisations communautaires et les entreprises sociales afin de s’assurer que personne ne soit laissé pour compte.
  • Garantissent le respect de la liberté d’expression et soutiennent les approches innovantes en faveur des libertés d’information numériques pour s’assurer que toutes les voix soient entendues.
  • Promeuvent un cessez le feu mondial et soutiennent les gouvernements afin qu’ils redirigent leurs dépenses militaires vers le financement de mesures sociales
  • Appellent à une interdiction du commerce d’animaux sauvages et mettent un terme à la déforestation

Dans la phase d’intervention d’immédiate après-crise, que les gouvernements et les bailleurs de fonds :

  • Protègent les personnels soignants et travailleurs sociaux qui agissent en première ligne en leur garantissant l’accès à des conditions de travail décentes et sûres et qu’ils disposent des ressources adéquates requises.
  • Impliquent les organisations de la société civile dans les réponses politiques et opérationnelles au COVID-19.
  • Respectent les engagements financiers et politiques en faveur d’une approche fondée sur les droits humains, en particulier les droits des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et des femmes, des filles et des personnes de diverses identités de genre.
  • Imposent des conditions sociales et environnementales détaillées contre tout soutien financier d’urgence bénéficiant aux entreprises, tels le traitement équitable des travailleurs et la réduction de leurs émissions carbones.

Dans la phase de reprise à moyen terme, nous appelons les gouvernements et les bailleurs de fonds à :

  • Renverser radicalement l’ordre des priorités pour garantir une couverture santé universelle et des prestations sociales couvrant des services essentiels tels que l’accès aux programmes de vaccination et aux produits et services de santé sexuelle et reproductive pour tous
  • Annuler les dettes nationales pour que les gouvernements disposent des moyens financiers suffisants pour soutenir la relance
  • Adopter des politiques fiscales plus équitables taxant ceux disposant de plus de ressources dans nos sociétés ainsi que des mesures pour lutter contre les flux financiers illicites en vue de mobiliser les ressources nécessaires en faveur des mesures susmentionnées
  • Adopter des incitations financières et politiques en faveur d’une révolution industrielle verte et féministe contribuant à une augmentation rapide des emplois les plus vertueux en matière de développement durable.

Lire aussi

Mobilisation citoyenne COVID-19 : unissons nos forces face à la pandémie mondiale En savoir plus sur la journée mondiale de solidarité et la camapgne We are #StrongerTogether