Focus 2030
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A qui devrait bénéficier l’aide publique au développement ? (mé)connaissances et aspirations des Français·es

Publié le 28 avril 2022 dans Sondages

Le point de vue des Français·es selon les résultats de notre sondage DEL

Interrogés à l’occasion d’un sondage administré par l’institut YouGov en janvier 2022 sur les principes qui devraient guider la manière dont la France soutient les pays les plus pauvres de la planète à travers son aide publique au développement, les Français·es ont fait part de leur - faible - niveau de connaissance du sujet.


En partenariat avec l’University College London (UCL) et l’Université de Birmingham, Focus 2030 mène un programme de recherche-action destiné à analyser les perceptions, attitudes, comportements et ressentis des citoyens sur les enjeux de solidarité internationale dans quatre pays : France, Allemagne, États-Unis et Roayaume-Uni.

Intitulé Development Engagement Lab (DEL), ce projet vise à alimenter en données chiffrées les acteurs du développement (ONG, fondations, think tanks, ministères, institutions publiques, organisations internationales) afin de leur permettre de mieux saisir les attentes citoyennes pour mettre en œuvre leurs activités de communication, de mobilisation et de plaidoyer.

C’est dans ce cadre qu’en janvier 2022, les équipes du projet DEL ont réalisé un sondage pour mesurer les opinions des Français·es à propos des bénéficiaires réels et/ou souhaités de l’aide publique au développement (APD).



Seul·e·s 15% des Français·es considèrent que l’aide devrait principalement bénéficier à la France

Quand on interroge les Français·es à la fois sur qui bénéficie dans les faits de l’aide internationale allouée par la France aux pays en développement et qui en principe devrait bénéficier de son soutien, dans les deux cas, seul·e·s 15% des Français·es considèrent que "les intérêts de la France" devraient primer.

Les Français·es s’accordent donc sur le principe de l’aide qui n’a pas vocation à être instrumentalisée au seul profit de la main qui donne.

En revanche, on note une différence d’appréciation selon la question posée.

« À qui l’aide publique au développement bénéficie-t-elle dans les faits ? » : selon les Français·es, bénéficie à part égale au pays donateur et au pays récipiendaire

Si la question interroge les bénéficiaires réels de l’aide au développement (telle qu’elle est allouée par la France dans les faits), seul·e·s 24% des Français·es considèrent qu’elle bénéficie avant tout aux intérêts des pays qui en ont besoin : les pays pauvres ou en développement.

Les sondé·es sont en revanche 40% à considérer (ou présupposer compte-tenu des 21% de repondant·es incapables de répondre à la question) qu’elle bénéficie à part égale à la France et aux pays pauvres, considérant qu’un don entraîne vraisemblablement un contre-don basé sur la réciprocité.

« À qui l’aide publique au développement devrait-elle bénéficier ? » : selon les Français·es, aux pays pauvres et à part égale à la France

À la question « à qui l’aide devrait bénéficier ? », en interrogeant non pas pas les faits mais le principe de l’aide donc, 36% des Français·es déclarent que la France devrait aider « les pays qui en ont le plus besoin » (+12 points par rapport à la réalité perçue de l’affectation de l’aide).

Ce qui nous renseigne aussi sur le pourcentage de Français·es qui estiment que l’APD ne devrait pas bénéficier plus à la France qu’aux pays pauvres (35%, -5 points).

L’aide publique au développement reste méconnue des Français·es

Les réponses à ces deux questions suggèrent avant tout une méconnaissance relativement partagée par les Français·es de la finalité de l’aide publique au développement, et par extension, de l’APD elle-même.

Par définition, l’APD désigne les ressources qui sont fournies aux pays et territoires figurant sur la liste des bénéficiaires de l’APD, soit 140 pays à revenu faible et intermédiaire.

Entre la réalité perçue et le souhait exprimé, en moyenne 37% des Français·es déclarent que l’APD devrait bénéficier autant à la France qu’aux pays qui en ont besoin.

Ce pourcentage doit également être considéré à l’aune du taux de non-réponse (18% en moyenne soit +10 points de pourcentage entre ceux qui n’ont pas le Bac (22%) et ceux qui déclarent avoir au moins le Bac). Soit, en tenant compte des 15% de Français·es qui estiment que l’APD doit servir les intérêts de la France, un total de 70% de mauvaises réponses.





Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre du projet Development Engagement Lab. Information et méthodologie disponible ici.

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