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    Ces efforts que les Français·e·s sont prêts à faire en faveur de l’environnement

    Publié le 24/10/2019, modifié le 10/12/2025.

    Quand on interroge les français sur les efforts qu’ils seraient prêts à faire en faveur de l’environnement, on identifie les renoncements qu’ils déclarent être en mesure d’accepter autant que les réticences qu’ils ont à modifier leurs modes de vie et de consommation. Ce panorama des efforts déclarés (ce qui, de fait, engage peu les répondants) procure à la fois de l’optimisme et des inquiétudes.

    58% des français s’avèrent disposés à prendre des mesures pour économiser l’énergie chez eux. Cet « effort » obéit en réalité à deux finalités, l’une collective (sauver la planète), l’autre individuelle (faire des économies sur les dépenses personnelles en matière énergétique). Ce ressort semble fonctionner selon le principe « charité bien ordonnée commence par soi-même ». En l’occurrence, c’est chez les français âgés de plus de 55 ans que l’on retrouve le plus d’adhésion pour cet effort.

    En second, il apparait que 54% des français déclarent vouloir manger plus de fruit et de légumes « de saison ». Cette préoccupation bénéficie en France d’un double discours qui légitime la nécessité de réduire les alimentations carnée. D’abord pour des questions écologiques, tous les spécialistes du climat s’accordent, à l’échelle mondiale, sur le fait que si les 7,5 milliards d’êtres humains se mettent à manger autant de viande et de poisson que les habitants des pays développés, ce régime mettrait rapidement en péril l’écosystème et conduirait à dépasser les seuils de production de gaz à effet de serre plus rapidement que prévu. Secondement pour des raisons sanitaires, à travers le discours unanime des spécialistes de la santé qui tous soulignent qu’une alimentation trop riche en matière animale, s’avère nocive pour la santé.

    En troisième position, 45% des français se déclarent prêts à privilégier l’achat de produits locaux. Là encore, parallèlement à la motivation écologique, cet effort bénéficie du discours ambiant quant à la nécessité de recentrer l’économie sur les productions locales, d’une part pour réduire les bénéfices « indus » des intermédiaires et d’autre part pour promouvoir l’activité des travailleurs régionaux, voire nationaux dans le contexte d’une concurrence mondialisée.

    39% des français se déclarent à la fois prêts à manger moins de viande et à utiliser moins leur voiture, ce qui veut dire que 61% des français n’ont pas l’intention de modifier leurs comportements en la matière. Selon une cohérence toute relative, « manger plus de fruits et légumes » ne semble pas vouloir dire « manger moins de viande ». En l’occurrence, les répondants les plus modestes semblent moins enclins à réduire leur consommation de viande, tandis que plus les français sont âgés, plus ils sont motivés pour manger des produits de saison. Enfin, plus ils sont à l’aise financièrement, plus les Français semblent d’accord pour manger local et bio. Une opinion qui est peut-être davantage corrélée au niveau d’études.

    Quant à réduire l’usage de la voiture, cet effort ne concernant que ceux qui peuvent réellement s’en passer, il ne recueille sans surprise qu’un suffrage modéré dans un pays où les gens démontrent, par le budget qu’ils accordent annuellement à leur véhicule (+/- 6000€/an en 2016), qu’ils demeurent très attachés à cette forme d’autonomie individuelle.

    34% des français accepteraient d’acheter moins de vêtements neufs. La corrélation entre l’industrie textile et l’environnement est encore récente et présentée de façon secondaire dans l’espace public, à l’instar de la dépense digitale (usage d’internet, stockage des données, téléchargement et consommation en streaming).

    L’usage de l’avion résiste très fortement dès lors que seuls 27% des français déclarent vouloir réduire leurs déplacements par voie aérienne, soit 73% des français n’envisagent pas de voyager autrement ni de réduire leurs déplacements. Les jeunes de moins de 25 ans et les plus de 55 ans sont un peu plus nombreux que les âges intermédiaires à accepter de réduire l’usage de l’avion. Le niveau de revenu des français n’a pas vraiment d’influence dans une économie où l’usage de l’avion est démocratisée, notamment depuis la domination des compagnies Low Cost court et moyen courrier.

    Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre du projet Development Engagement Lab visant à mesurer l’évolution des opinions, ressentis, connaissances & comportements sur les enjeux de solidarité internationale et sur les Objectifs de développement durable, dans quatre pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis).

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