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    Un dilemme contemporain : privilégier la croissance économique ou préserver l’environnement

    Publié le23/10/2019.

    Deux temporalités s’affrontent dans l’opinion française. D’un côté, il s’agirait de privilégier la croissance économique, celle qui permet de nourrir les populations dans le monde (à la fois ici et ailleurs), d’assurer la santé et l’éducation. De l’autre, il s’agirait de protéger l’environnement, le climat, les sols, etc. Dans un cas il est question de répondre à des besoins immédiats, communs à toute l’humanité (santé, alimentation, éducation, etc.). Dans l’autre, il faut d’ores et déjà préserver la planète, non pas tant pour « l’immédiat aujourd’hui », mais pour « l’immédiat demain et après-demain ».

    Bien qu’un peu plus marqués aujourd’hui par les questions climatiques, les opinions des Français se partagent plutôt équitablement entre les enjeux liés à la croissance économique (20%) et les enjeux liés à l’environnement (25%).

    En revanche, l’enseignement majeur de cette consultation, c’est que 46% des Français ne sont pas en mesure de distinguer une quelconque priorité entre ces deux énoncés. Tout se passe comme si ces deux temporalités étaient en réalité perçues comme deux urgences qui ne seraient pas interchangeables.

    En regardant de plus près, il s’avère que les plus jeunes sont moins aptes à répondre à cette question que leurs aînés, et surtout qu’ils sont plus enclins à plébisciter la croissance économique. Tandis qu’à partir de 35 ans, les deux parties du dilemme ont tendance à s’équilibrer.

    En regardant le positionnement politique, on remarque que les électeurs de gauche et du centre lors du premier tour lors des présidentielles de 2017 sont moins favorables au fait de privilégier la croissance économique (celle qui permet d’assurer l’alimentation, la santé et l’éducation) qu’au fait de protéger l’environnement. En réalité, pour ces électeurs, le dilemme semble plus difficile à résoudre, c’est pourquoi les réponses se rangent davantage dans le « ni l’un ni l’autre ».

    Il faut également remarquer que, quel que soit leur vote au premier tour des présidentielles de 2017, tous les répondants semblent accorder la même importance à la préservation de l’environnement (y compris les électeurs de Marine Le Pen).

    Enfin, lorsque l’on croise les réponses à ce dilemme avec le sentiment de préoccupation vis-à-vis de la pauvreté dans les pays en développement, on remarque que plus les répondants se disent préoccupés par la pauvreté et moins ils plébiscitent la croissance économique pourtant reconnue comme nécessaire pour assurer la nourriture, la santé et l’éducation de populations qui en sont dépourvues dans les pays les moins développés.

    En conclusion, ces chiffres nous montrent que certains répondants ont sans doute rapidement lu la question et se sont limités à répondre à une opposition entre « croissance économique » et « environnement », sans se soucier de quelle croissance économique il s’agissait en l’occurrence. Cette question fait en réalité référence à de nombreuses discussions dans l’espace public opposant la poursuite de la croissance économique d’une part à la préservation de la planète d’autre part. Dans ce questionnement, se cache, pour certains, le fantasme d’une « croissance verte ». Quelle que soit la manière dont ce tandem est perçu, le dilemme se résout majoritairement dans un refus de répondre « ni l’un – ni l’autre » laissant ce choix à faire sombrer dans la catégorie des non-choix.

    Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre du projet Development Engagement Lab visant à mesurer l’évolution des opinions, ressentis, connaissances & comportements sur les enjeux de solidarité internationale et sur les Objectifs de développement durable, dans quatre pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis).

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