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Taxer (davantage) les marchés financiers : une vraie bonne idée fédératrice ?

Publié le 16 juillet 2019 dans Sondages

Pour 55% des français·e·s, taxer davantage les marchés financiers permettrait de financer l’aide aux pays pauvres.
Cette question ne mentionne pas la connaissance qu’ont les français·e·s de l’aide aux pays pauvres, ni de ce qu’il faut entendre par « marchés financiers ». Cependant, cette question atteste que pour une majorité d’entre elles·eux, il semble pertinent (ou juste) de taxer les mouvements financiers sur les marchés pour contribuer au financement du développement.
Seul·e·s 14% des français·e·s sont en désaccord avec cet énoncé tandis que 10% n’ont pas d’idée sur la question.

Il est probable que le pourcentage d’adhésion à ce projet serait supérieur si la majorité des répondant·e·s réalisait qu’elles·ils ne seraient pas personnellement affecté·e·s par une telle taxe. C’est à dire si elles·ils comprenaient que leurs propres transactions à l’échelle professionnelle, personnelle, conjugale ou familiale (héritage) ne sont pas considérées comme des transactions effectuées sur le marché financier. Avec une démarche explicative à la fois sommaire et rassurante, il y a probablement autour de ce projet, matière à fédérer une très forte majorité de français·e·s autour d’un financement innovant de l’aide publique au développement (d’ores et déjà à l’œuvre en France à travers la taxe sur les transactions financières) à partir d’un principe aisément séduisant tendant à taxer (plus) les riches pour aider les (plus) pauvres.

Le soutien à cette idée est progressivement plus important à mesure que l’âge des répondant·e·s augmente, ce qui s’explique sans doute par le fait que les jeunes de moins de 25 ans sont trois fois plus nombreux·ses que leurs aîné·e·s de plus de 50 ans à ne pas savoir répondre à cette question, et probablement par extension, à ne pas saisir l’opportunité de ce mécanisme de financement, ni les enjeux que cela représente à titre personnel, à l’échelle nationale et internationale. À cet endroit doit sans doute s’envisager une sensibilisation appropriée qui passerait par une communication à tonalité pédagogique.

Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre du projet Development Engagement Lab visant à mesurer l’évolution des opinions, ressentis, connaissances & comportements sur les enjeux de solidarité internationale et sur les Objectifs de développement durable, dans quatre pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis).


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