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Faudrait-il accroître le pouvoir de l’ONU ou de l’Union européenne ?

Publié le 3 octobre 2019 dans

Si l’on regarde les réponses émanant de la moyenne des français, on observe que pour résoudre les grands problèmes auquel le monde fait face aujourd’hui, les Nations Unies ou l’Union européenne jouissent de la même aura. Presque 45% des personnes interrogées en France estiment que les pouvoirs de l’une ou l’autre des institutions inter-gouvernementales devraient être augmentés. Entre 12% (ONU) et 18% (UE) des français s’opposent à cette idée. On peut voir d’un côté la méconnaissance de l’ONU ou de ses actions, et de l’autre, une contestation cependant relative, de l’Union européenne.

D’une certaine manière, ces opinions soulignent le fait que devant de grands défis, le niveau national n’est pas le meilleur pour résoudre les problèmes qui se posent.

En examinant de plus près ces opinions, on peut remarquer que :
- les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à ne pas "savoir répondre", quand bien même leur confiance dans l’ONU et l’UE est similaire à celle mesurée chez les hommes.
- Plus le niveau d’éducation est élevé, plus la confiance dans l’ONU et l’UE est marquée quand il s’agit de résoudre les grands problèmes du monde aujourd’hui.
- Les répondants non diplômés font nettement plus confiance à l’ONU qu’à l’UE. Sans doute peut-on y voir une critique des institutions européennes ou de l’appartenance de la France à l’Union européenne, toute particulière dans des milieux populaires qui représentent le vivier d’électeurs de l’eurosceptique Rassemblement national.
- Les sympathisants du centre sont particulièrement nombreux à souhaiter un accroissement du pouvoir de l’Union européenne pour résoudre les grands problèmes du monde : 68% des électeurs d’Emmanuel Macron (au 1er tour des présidentielles de 2017) contre 30% des électeurs de Marine Le Pen partagent cette opinion.

Dans les deux situations (accroitre le pouvoir de l’ONU / accroitre le pouvoir de l’Union européenne), l’engouement des français vis-à-vis de ces institutions internationales (ONU) ou intergouvernementale (UE), est très clairement corrélé avec le souhait que la France augmente son aide publique au développement. Là encore se dessine une société partitionnée en deux univers : ceux qui sont préoccupés par le développement des pays du sud sont également ceux qui conçoivent les formes de multilatéralisme (continental ou mondial) comme étant la manière de résoudre (ou tenter de) les problèmes contemporains. Il y a d’un côté la sensibilisation ou la prise de conscience que l’ailleurs est un autre ici, dans ce cas la solidarité des pays riches comme la France vis-à-vis des populations les plus pauvres semble évidente. Il y a de l’autre côté la volonté de ne pas donner trop de pouvoir à des entités politiques en dehors du national, associée avec un soutien plus modéré de l’APD.

Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre du projet Development Engagement Lab visant à mesurer l’évolution des opinions, ressentis, connaissances & comportements sur les enjeux de solidarité internationale et sur les Objectifs de développement durable, dans quatre pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis).