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Les Français·es de plus en plus nombreux en faveur d’une augmentation de l’aide publique au développement

Publié le 26 octobre 2020 dans Sondages

29%

Depuis 2013, les Français sont de plus en plus nombreux à être en faveur d’une augmentation de l’aide publique au développement.

Le soutien des Français à une augmentation de l’aide publique au développement à destination des pays les plus pauvres est passé de 18% en décembre 2013 à 29% en septembre-octobre 2020 avec un pic à 35% en janvier 2020.

Rapporté à la population adulte totale, cela signifie qu’entre 2013 et 2020, on compte 7 millions de personnes en plus parmi les soutiens à une augmentation de l’aide au développement, un mouvement de fond donc.

Cette évolution est parallèlement renforcée par une tendance à la baisse du nombre de Français souhaitant que le gouvernement français diminue le montant alloué à l’aide au développement (43% fin 2013 / 21% sept-oct 2020).

Ces opinions tiennent compte du fait que la question posée intègre la réalité chiffrée de l’aide versée par la France à destination des pays en développement (11 milliards/0,44% du PIB). Un réalité qui ainsi énoncée en préalable, apparait nécessairement dérisoire au regard du montant du PIB mentionné dans la question (2500 milliards d’euros).

Cette évolution des opinions reflète l’évolution de la place des problématiques de développement dans l’espace public en France.

En regardant de plus près l’évolution des opinions des Français en faveur d’une augmentation de l’aide, on remarque trois dynamiques dessinant trois tendances :
- pour la moyenne des Français, la tendance en faveur d’une augmentation est apparente,
- pour des groupes spécifiques (par exemple, les électeurs du Rassemblement National ou ceux qui ne se disent "non-préoccupés" par la pauvreté dans le monde) la tendance n’évolue pas, ni à la hausse ni à la baisse,
- pour ceux qui sont déjà préoccupés par la pauvreté dans le monde et/ou engagés (ou informés) sur les questions de développement, la tendance signifie une augmentation très nette des opinions en faveur de plus d’aide publique au développement.

Quelles hypothèses retenir pour tenter d’expliquer cette évolution ?

- La succession des campagnes de sensibilisation émanant de la société civile progressivement "imprime" une meilleure connaissance conduisant à une sensibilisation accrue des Français en matière de développement et de solidarité internationale.

- On peut également émettre l’hypothèse selon laquelle la mise à l’agenda politique, médiatique et citoyenne des enjeux climatiques (COP21), sanitaires (Covid-19), migratoires et les attaques terroristes opérés sur le sol français ont contribué à une plus grande compréhension des interdépendances grandissantes entre le "Nord" et le "Sud" et leur appréhension par les citoyens.
Tout se passe comme si les Français étaient de plus en plus conscients que la situation qui prévaut ici dépendaient de celle qui prévaut là-bas.

La volonté d’augmenter (un peu ou beaucoup) l’aide publique au développement allouée par la France à destination des pays les plus pauvres est particulièrement l’apanage des jeunes (18-24 ans) et des sympathisants de gauche.

Le souhait de baisser l’aide publique au développement se retrouve majoritairement chez les plus de 35 ans et les électeurs de "droite".

L’orientation politique est une donnée essentielle quand il s’agit de soutenir les efforts du gouvernement vers davantage d’aide ou au contraire vers une réduction du montant de l’aide. Respectivement, plus les répondants se déclarent à gauche et plus ils sont nombreux à être en faveur de l’augmentation de l’aide internationale, tandis que dans les mêmes proportions, la droite est le marqueur d’une volonté de réduire l’aide.

Les sympathisants du centre sont avec les sympathisants de la droite traditionnelle, les plus nombreux à préférer un statu-quo : ni plus, ni moins d’aide.

Ces données sont issues de notre sondage réalisé par l’Institut YouGov et piloté par l’équipe de recherche du University College London et de l’Université de Birmingham dans le cadre des projets Aid Attitudes Tracker et Development Engagement Lab qui mesure l’évolution des opinions et comportements sur les enjeux de solidarité internationale dans quatre pays.


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Retrouvez la méthodologie du projet Aid Attitudes Tracker