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Le Fonds mondial : canaliser les ressources de la planète pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Publié le 27 avril 2022 dans Décryptages

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme est un partenariat international mis en place afin de lutter contre ces trois maladies infectieuses, parmi les plus mortelles que le monde ait jamais connues. Sa mission est d’attirer, mobiliser et investir les fonds des donateurs internationaux afin de vaincre ces trois maladies, réduire les inégalités et contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable en matière de santé.

C’est en 2000 que les dirigeants des pays du G8 ont reconnu la nécessité d’affecter des moyens bien plus importants à la lutte contre ces trois maladies, très peu de personnes dans le monde ayant, à l’époque, accès aux outils nécessaires. Cette nécessité a été réaffirmée l’année suivante au Sommet de l’Union africaine, puis à l’Assemblée générale des Nations unies, et approuvée lors du Sommet du G8. Le Fonds mondial a finalement vu le jour en janvier 2002.

Basé à Genève, ce partenariat entre les autorités publiques, la société civile, les communautés touchées par la maladie, les partenaires techniques, le secteur privé, les organisations confessionnelles et les autres bailleurs de fonds, investit stratégiquement dans des programmes visant à en finir avec ces épidémies.

Le modèle unique du Fonds mondial a été créé sur la base de principes fondateurs qui continuent à le guider : le partenariat, l’appropriation par les pays, la transparence, et le financement basé sur les résultats et l’impact.

Ses investissements ont permis de sauver 44 millions de vies et de réduire le nombre de décès annuels liés aux trois maladies de 46 % depuis 2004.



Fonctionnement

Le modèle de partenariat du Fonds mondial a été conçu pour promouvoir des solutions innovantes répondant aux défis de la santé mondiale. Collectivement, le Fonds mondial tire parti des meilleurs atouts des secteurs public et privé, en termes d’expérience, de connaissances et d’innovation, afin de combattre les maladies et de construire des systèmes résistants et pérennes pour la santé.

Le Fonds mondial octroie des subventions à des programmes publics, privés, et non gouvernementaux, à l’appui d’interventions techniquement viables et efficaces, en priorité dans les régions ayant la charge de morbidité la plus élevée. Chaque pays adapte sa riposte en fonction du contexte politique, culturel et épidémiologique, et décide où et comment combattre au mieux le sida, la tuberculose et le paludisme.


Source : Fonds mondial.


Impact sur les enjeux de santé mondiale

Entre sa création en 2002 et juin 2021, le Fonds mondial a décaissé plus de 50 milliards de dollars US à l’appui de la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme et de programmes de renforcement des systèmes de santé dans plus de 100 pays. Chaque année, ce sont plus de 4 milliards de dollars US investis par le Fonds mondial à l’appui de programmes dirigés par des spécialistes locaux.

Les investissements du partenariat ont permis de sauver 44 millions de vies et réduit le nombre de décès annuels liés aux trois maladies de 46 % depuis 2004, année du pic des épidémies dans les pays où le Fonds mondial investit.

Dans ces pays, la proportion de personnes vivant avec le VIH et bénéficiant d’un traitement antirétroviral est passée de 0 % en 2002 à 73 % en 2020, soit 21,9 millions de personnes sous traitement cette dernière année. La couverture du traitement de la tuberculose a quasiment doublé sur cette même période, de 35 % en 2002 à 69 % en 2019. En 2020, 4,7 millions de personnes ont ainsi été traitées contre la tuberculose. Enfin, si 4 % des populations avaient accès à une moustiquaire imprégnée d’insecticide de longue durée en 2002, elles étaient 53 % en 2019.


Actualités

En novembre 2021, le Conseil d’administration du Fonds mondial a approuvé sa stratégie pour la période 2023-2028. Son objectif premier, conformément à l’Objectif de développement durable n°3, est de mettre fin au sida, à la tuberculose et au paludisme, en mettant l’accent sur les investissements catalytiques et l’innovation pour accélérer les progrès, en s’attaquant aux obstacles structurels à l’amélioration des résultats et en renforçant l’équité, la pérennité et l’impact durable.

Pour mener à bien cette stratégie, une conférence de reconstitution des ressources financières du Fonds mondial se tiendra à l’automne 2022 aux États-Unis. Pour cette septième reconstitution, le partenariat a besoin d’au moins 18 milliards de dollars US. Ce niveau d’investissement permettrait ainsi de sauver 20 millions de vies en réduisant le taux de mortalité du VIH, de la tuberculose et du paludisme de 64 % à l’horizon 2026, et de renforcer les systèmes de santé des pays dans lesquels le Fonds mondial intervient. Il permettrait également de réduire de 58 % le taux d’incidence des trois maladies à l’horizon 2026 par rapport aux taux de 2020, et d’abaisser le nombre de décès liés aux trois maladies à 950 000 en 2026, contre 2,4 millions en 2020 et 4 millions en 2005.


Réponse à la pandémie de Covid-19

En 2020, la pandémie de Covid-19 a eu un effet dévastateur sur la lutte contre les autres maladies. Pour la première fois dans l’histoire du Fonds mondial, certains des indicateurs clés des programmes ont enregistré des reculs. Ainsi, par rapport à 2019, les tests de dépistage du VIH ont enregistré une baisse de 22 % dans les pays où le Fonds mondial investit, 18 % de personnes en moins ont été traitées pour la tuberculose, et le nombre de personnes testées pour le paludisme a reculé de 4,3 %.

Cependant, la situation serait encore pire sans les interventions du Fonds mondial. Celui-ci a lancé, dès 2020, le dispositif de riposte au Covid-19 (C19RM), destiné à aider les pays à combattre la pandémie, à atténuer ses impacts sur leurs programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme et à renforcer d’urgence leurs systèmes de santé. Ce dispositif a permis de déployer plus de 4,3 milliards de dollars en appui à 108 pays, dont 72 % pour soutenir les pays dans leur réponse à la pandémie de Covid-19, 15 % pour atténuer ses effets sur la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, et 13 % pour accélérer de manière urgente le renforcement de certaines composantes des systèmes de santé et systèmes communautaires tels que les réseaux de laboratoires ou les systèmes de riposte communautaires. Le C19RM a été prolongé jusqu’en septembre 2022.

Le Fonds mondial est l’une des organisations coordonnant l’Accélérateur ACT (ACT-A), le dispositif mondial pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre le Covid-19 partout dans le monde. Le Fonds mondial co-dirige deux des quatre composantes de l’ACT-A : celle œuvrant à la distribution mondiale équitable des diagnostics, et celle s’attachant à renforcer les systèmes nationaux de santé et de riposte aux menaces sanitaires. Environ 85 % des ressources du C19RM en 2021 ont été mobilisées dans le cadre de ACT-A.

En avril 2022, ces deux composantes de ACT-A avaient déjà permis l’accès aux équipements permettant de fournir de l’oxygène (bouteilles, concentrateurs et oxygène liquide), la livraison de près de 160 millions de tests dans les pays en ayant le plus besoin, et la distribution d’équipements de protection individuelle pour les personnels de santé pour l’équivalent de 532 millions de dollars. Elles demeurent cependant largement sous-financées.

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