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Solidarité internationale : évolution des opinions en France depuis l’émergence de la crise sanitaire

Publié le 27 novembre 2020 dans Sondages

Quatre fois par an, le projet Development Engagment Lab (DEL) mesure l’évolution des opinions, sensibilités, connaissances et comportements des Français, (Allemands, Britanniques et Américains) sur les enjeux de solidarité internationale, à partir d’une batterie de 10 questions. Les tendances identifiées à la hausse ou à la baisse, sont susceptibles de refléter l’impact des enjeux nationaux et internationaux sur les préoccupations des personnes sondées. Une série d’autres questions portant sur les comportements et les actions en faveur de la lutte contre l’extrême pauvreté permet de définir le niveau d’engagement (signature de pétition, dons, partage d’informations, etc.) des répondants et d’en mesurer l’évolution.

En l’occurrence, les derniers résultats présentés dans cet article sont issus d’un sondage réalisé entre le 21 septembre et le 10 octobre, soit quelques mois après le déconfinement, au moment où la pandémie de Covid-19 commençait sérieusement à laisser présager de nouvelles mesures restrictives pour enrayer un nombre à nouveau croissant de contaminations.

Tendance à la baisse du niveau de préoccupation à l’égard de la pauvreté

48% des Français se disent (très ou assez) préoccupés par la pauvreté dans les pays en voie de développement. Ce niveau de préoccupation mesuré chez les Français est tendanciellement à la baisse depuis janvier 2020 (56%) et juin 2020 (52%).

« La mesure de l’engagement en faveur de la lutte contre l’extrême pauvreté »

Dix questions sont régulièrement posées pour évaluer les actions que les Français (Allemands, Britannique et Américains) seraient susceptibles d’entreprendre pour faire avancer la lutte contre la pauvreté. Ces comportements personnels sont classés en trois familles d’actions permettant de déterminer trois types d’engagement :

- Le rapport aux actualités et à l’information : lire, écouter ou regarder des informations relatives à la pauvreté dans le monde, en discuter avec ses proches, "faire l’effort" de partager certaines de ces informations.

- Les engagements personnels sous forme de transactions d’ordre économique en faveur de la lutte contre la pauvreté dans le monde : donner de l’argent à une association en lien avec cette lutte, acheter des produits ou boycotter des produits et des services pour signifier son soutien à la cause.

- Les actions de mobilisation personnelles en faveur de la lutte contre la pauvreté dans le monde : signer des pétitions, contacter un parlementaire, faire du bénévolat ou devenir membre d’une ONG travaillant sur cette question, participer à une manifestation pour défendre cette cause.

L’observation des réponses obtenues dans la mesure de ces actions ou attitudes permet de dégager six profils types d’engagement à partir desquels nous mesurons l’engagement des Français.

  • Délibérément désengagé (7%)
  • Totalement désengagé (23%)
  • Modérément engagé (26%)
  • Engagé à interagir (12%)
  • Engagé sous forme de transactions économiques (24%)
  • Totalement engagé (7%)

Les femmes sont plus susceptibles d’être engagées sous la forme de transactions économiques (dons, achats, boycott - 55% contre 45% des hommes) ou par des interactions personnelles (bénévolat, participer à une manifestation, solliciter un élu, signer des pétitions - 56% contre 44% des hommes). Les hommes sont plus susceptibles d’être soit totalement engagés (54% contre 46% des femmes), soit "délibérément désengagé" (54% contre 46% des femmes).

À partir de cette grille de lecture, on remarque aussi que les moins de 40 ans sont plus engagés ; les Français les plus âgés sont davantage "délibérément désengagés" et c’est dans la tranche d’âge des 40-59 ans qu’on trouve le plus grand nombre de répondants "simplement désengagés".

Un niveau d’études plus élevé est corrélé avec un niveau d’engagement plus marqué. De la même façon, les répondants de l’île de France sont plus susceptibles d’être engagés que les répondants des autres régions de France.

Diminution du niveau d’engagement des Français en faveur de la pauvreté dans les pays en développement

Depuis juin 2020, les Français sont moins nombreux à avoir partagé des informations sur la pauvreté dans le monde (26% -4 points de pourcentage), à s’être exprimé (pétition, etc.) sur cette question (22% -3 points) ou à avoir acheté des produits/boycotté des produits pour cette raison (27% -3 points). De façon générale et dans le détail de leurs comportement, les Français spécifiquement engagés sur la solidarité internationale ont été moins actifs qu’en juin 2020. Les autres niveaux d’engagement des Français (totalement désengagés, moyennement engagés, très engagés, etc. ) n’ont pas changé.

Baisse des dons dans les quatre pays de DEL depuis janvier 2020

En comparant avec les pourcentages obtenus en janvier 2020 de ceux qui ont fait un don à une organisation œuvrant en faveur d’une organisation de solidarité internationale, on remarque une baisse substantielle (quelques points de pourcentage) de la générosité, à la fois chez les Français (18%), les Allemands (16%), les Britanniques (17%) et les Américains (15%). En revanche, on observe une stabilité entre les comportements mesurés en juin 2020 et ceux mesurés en septembre-octobre 2020, ce qui semble dire qu’au moins sur cet aspect, la pandémie du Covid-19 ne semble pas avoir eu d’impact sur la générosité des donateurs.

Stabilité des autres marqueurs en faveur de la solidarité internationale

Le pourcentage de Français (29%) souhaitant que le gouvernement français augmente le montant de son aide au développement, de Français connaissant les ODD (9%), de Français qui estiment que l’APD est efficace, de Français (39%) qui pensent que l’on devrait porter secours au migrants en Méditerranée, est plutôt stable depuis la vague d’enquête réalisée en juin 2020. La confiance dans l’efficacité des ONG (54%) pour résoudre la pauvreté a cependant tendance à légèrement baisser (- 3 points).

Quelques changements dans le classement des préoccupations des Français

Depuis juin 2020, les problématiques économiques (crise, chômage et pouvoir d’achat) demeurent de façon stable, la préoccupation principale pour 54% des Français. Viennent ensuite les questions environnementales (48% - stable) et les inégalités entre les riches et les pauvres (36% - 5 points). En 5ème position de leur classement, les Français sont un peu plus inquiets des phénomènes migratoires (29% + 4 points) ex-æquo avec la question des pandémies (29% + 5 points), un sujet qui n’était classé qu’en 9ème préoccupation en janvier 2020.


Documents à télécharger

Evolution of levels of engagement in favor of International solidarity since the Covid pandemic- November 2020 - DEL La segmentation des niveaux d’engagement des Français en faveur de la lutte contre l’extrême pauvreté